20jan/150

Personnalisation de la consommation vidéo : Technologie “Network PVR”, nouvelle génération d’enregistreurs numériques

Jacques Bajon

Jacques Bajon, Responsable de la practice Distribution Vidéo à l'IDATE

L’IDATE vient de publier son livre blanc sur la personnalisation de la consommation vidéo, étudiée à travers le développement de l’enregistrement des programmes en réseau grâce à la technologie "Network PVR" (nPVR).

Pour Jacques Bajon, responsable de la Practice Distribution Vidéo de l’IDATE et auteur du rapport : « Le consommateur prend le pouvoir et passe progressivement d’un mode passif à un usage actif dans sa consommation de services de télévision. L’enregistrement des programmes en est une illustration majeure. La migration de cette fonctionnalité en réseau grâce au système de nPVR est une solution permettant de renforcer l’articulation entre les services de télévision linéaires et à la demande, ouvrant la voie à un modèle gagnant-gagnant pour les consommateurs, les détenteurs de droits et les opérateurs de réseaux.»

Un contexte général de "cloudification de la télévision"

Le "Network PVR" (nPVR) est une évolution du PVR qui déporte le stockage des enregistrements de programmes sur des serveurs d’opérateurs. Il s’inscrit ainsi dans un processus plus large de déploiement des plateformes "dans le cloud" dans le domaine de la distribution vidéo, c’est-à-dire le déport des fonctionnalités de distribution de la télévision du foyer vers des serveurs distants. Cette approche "cloud" de la gestion des contenus vidéo est progressivement adoptée en raison de la souplesse apportée aux éditeurs de services TV, aux opérateurs de réseaux et aux consommateurs.

L’enregistrement des programmes en réseau (ou nPVR) est l’une de ces nouvelles solutions qui renforce l’articulation entre services de télévision linéaires et à la demande. Ce système déporte les capacités de stockage d’enregistrements d’un équipement du foyer (le PVR) vers des serveurs gérés par un opérateur de distribution. Nombreux sont d’ailleurs les distributeurs ayant mis en place cette solution dans le monde, et en particulier en Europe, en raison des externalités positives pour l’ensemble des acteurs impliqués :
• le consommateur bénéficie d’un enrichissement de la fonctionnalité d’enregistrement des programmes TV, maintenant disponibles sur tous les écrans. Par ailleurs, une nouvelle population devient éligible aux fonctions d’enregistrement numérique, sans supporter le coût d’équipements onéreux.
• Les détenteurs de droits s’appuient sur les solutions réseaux pour mieux suivre la consommation de leurs contenus hors programmation linéaire, créent un nouveau lien avec les téléspectateurs-consommateurs et monétisent ainsi mieux leurs contenus. Prescriptrice en termes de programmes, les chaînes TV peuvent alors favoriser l’articulation entre les offres linéaires et non-linéaires et trouver de nouveaux leviers de recettes basées sur des audiences cumulées. Cette évolution s’applique de plus dans un environnement sécurisé qui ne remet pas nécessairement en cause les systèmes de rémunération des ayants droit.
• L’opérateur de réseau voit dans les déploiements nPVR la possibilité d’une optimisation des coûts des solutions d’enregistrement numérique, en comparaison avec les disques durs déployés dans les foyers. Ces gains pourraient lui permettre d’investir en retour dans les services et les infrastructures de distribution vidéo de prochaine génération.

Avec un consommateur gagnant en souplesse dans ses usages vidéo, des ayants droit transformant la menace de la délinéarisation en opportunité de meilleure exploitation de leurs contenus et des opérateurs pouvant mieux gérer opérationnellement ces services, c’est bien la possibilité de création d’un cercle vertueux qui est rendue possible grâce aux solutions nPVR.

> Le livre Blanc est téléchargeable sur l’espace « Free download » du site www.idate.org et directement en cliquant sur ce lien

Carte des déploiements nPVR en Europe

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Source : IDATE

7jan/150

Montre, bracelet, lunette : 123 millions de wearables seront vendus en 2018

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Samuel Ropert, chef de projet de l’étude

Prévisions 2018 : des marchés tirés par l’innovation et les terminaux connectés

A l’occasion du CES 2015, l’IDATE rend public ces derniers rapports sur les secteurs des Wearables et des équipements grand public (EGP). L’occasion de faire le point sur la dynamique des différents marchés par type de produit et par zone géographique.

L’IDATE prévoit que 123 millions de Wearables seront vendus en 2018, contre plus de 20 millions en 2014, représentant une croissance moyenne de 70% par an.
Les montres connectées (smart watch) seront les produits phares à partir de 2015, avec plus de 60% des produits commercialisés, en raison d’un marché arrivant en phase de maturité et du lancement de l’Apple Watch courant 2015.
Les bracelets connectés (wristband), qui ont ouvert le marché, devraient voir leurs ventes unitaires diminuer à partir de 2017, dans la mesure où leurs principales fonctionnalités seront intégrées dans d’autres terminaux (smartphone, smart watch) dont le prix aura baissé grâce aux économies d’échelles réalisées.
Les ventes de lunettes connectées (connected glasses) resteront marginales en volume en raison d’un prix moyen élevé (1,500 USD) décourageant une adoption de masse, et des nombreux doutes qui freinent leur développement et l’implication des développeurs en mesure de proposer des applications innovantes.

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L’EGP enregistrera une croissance du volume de terminaux vendus d’ici à 2018

Le volume de terminaux EGP vendus passera de 2.4 milliards d’unités en 2014 à 3.6 milliards en 2018, soit une croissance de 8.6% par an en moyenne. Ce volume intègre les téléviseurs, les STB câble, satellite, terrestre et IP, les ordinateurs, les smartphones, les tablettes, les consoles portables et de salon, les DMA, les lecteurs Blu-ray, les DVR.
• La croissance sera tirée par le segment des Portable Media Devices et celui des Digital Media Boxes. Le segment des Portable Media Devices (smartphones, tablettes, consoles portables) sera le plus dynamique sur la période avec 12.3% en moyenne par an tiré par l’engouement pour les smartphones et les tablettes.
• De même la croissance des Digital Media Boxes (consoles de salon, DMA, DVR, lecteurs Blu-ray) restera positive et régulière jusqu’en 2018 (+9.8% en moyenne par an).
• Le segment des téléviseurs (+1.4% en moyenne par an) montrera des signes de reprise : entre 2006 et 2012, les ménages se sont équipés de terminaux "smart–LED–HD1080p". L’année 2012 a marqué le début d’une phase descendante, qui devrait durer jusqu’en 2015. En 2016, l'arrivée de services de TV connectée à valeur ajoutée d'une part, la baisse des prix des téléviseurs Ultra-HD et OLED d'autre part, devraient permettre d’engager une légère reprise de la croissance.
• Les segments des ordinateurs et des STB (set-top-box) entreront dans une phase de déclin structurel :
- STB (+1.2% en moyenne par an) : le volume des ventes connaîtra une légère croissance entre 2014 et 2017, puis une baisse, explicable par l’accélération du phénomène du cord-cutting dans les pays développés, et par la dématérialisation des terminaux.
- Ordinateurs (-4.2% en moyenne par an) : avec l’essor des tablettes, les ventes d’ordinateurs seront en déclin dès 2015. En effet, la tablette devrait petit à petit s’imposer comme un véritable terminal personnel à la place de l'ordinateur.

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5jan/150

Le Digiworld Summit 2014 en dessins

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Le digiworld summit 2014 croqué par Aurélie Bordenave, alias Léely. Tous les moments forts.

 

 

 

 

L'introduction du 19 novembre 2014

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Plenière : Business models: Rethinking the telcos business models in the 5G era ( 20 novembre 2014)

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Keynote : Smart Glasses

 

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Business models: Rethinking the telcos business models in the 5G era

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Disruptive innovations: un pas vers la 5G

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Smart City & Mobile living

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Séminaire "TV everywhere"

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Séminaire : "Business models: M2M & Internet of Things - Smarter objects, smarter processes"

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Business models: Narrowing the gap between explosive usage and limited ad revenues
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Europe on the rebound ?

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TV & facing Mobility

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>> Retrouvez tous les dessins d'Aurélie Bordenave durant le Digiworld Summit 2014 sur Flickr.

>> Découvrez le travail d'Aurélie Bordenave alias Léely sur son site.

 

5jan/150

Digiworld Summit 2014 : retrouvez les interviews des speakers

ouverture DWS14

Le digiworld summit 2014 a réuni autour des questions de la mobilité près de 1 200 participants et 140 speakers du monde numérique. Les vidéos des moments forts de ces deux journées.

 

 

- L'interview de Laurent Solly, DG de Facebook France

- L'interview d'Eric Scherer, en charge de la prospective à France Télévisions"Social TV, l'internaute en ligne de lire "

- L'interview de Julien Villedieu, président du Syndicat national des jeux vidéos : "Le jeu vidéo en mobilité"

- L'interview de Carlos Moreno, "La ville nous parle"

- L'interview de Kévin Cloarec "Comment les objets connectés révolutionnent-ils notre quotidien"

Les vidéos sont signées Vincent Touati fondateur du site Convergence Numérique.
Retrouvez ici la playlist des vidéos de convergence Numérique pour le Digiword Summit 2014.

23déc/140

Livre, Musique, Jeux vidéo et Vidéo : Le montant des dépenses des ménages repart à la hausse dès 2015

Alexandre JOLINAlexandre JOLIN
Consultant at IDATE

L'étude sur les effets de la dématérialisation des industries de contenu analyse ses quatre grands segments  : le livre, la musique, les jeux vidéo, la vidéo. Présentation.

 

Pour chaque secteur, elle détaille les chiffres clés du marché, analyse le cycle de dématérialisation, son impact sur la structure industrielle et le partage de la valeur et fournit des prévisions de marché 2014-2018 pour chacun des quatre secteurs, au niveau mondial, et pour sept pays-clés

Alexandre Jolin, Chef de projet de ce rapport, estime que « le marché mondial des industries de contenu a dépassé les 140 milliards EUR en 2014 dans le monde, en progression d’à peine plus de 
1 % par an après une année 2012, qui marquait un plus bas historique depuis l'introduction des formes de distribution dématérialisée. » Sachant que 37 % des revenus des industries de contenu provenaient de ces canaux de distribution dématérialisée, soit une proportion double de celle de 2010, avec de fortes variations entre les segments : 13 % pour le livre, contre 67 % pour le jeu vidéo.

La dématérialisation des contenus produit certains effets communs à ces différents segments, malgré les spécificités du livre, de la musique enregistrée, des jeux vidéo ou de la vidéo
• la montée en puissance de l’abonnement, au détriment de la vente à l’unité ;
• une baisse des prix qui, combinée au piratage, a un impact sur les dépenses des ménages ;
• la simplification de la chaîne de valeur, avec une réduction du poids des coûts techniques et des intermédiaires, qui bénéficie d’une part aux consommateurs, d’autre part à la création, l’édition ou la production de contenus ;
• le poids important du piratage qui, grâce aux nouvelles offres d’abondance, semble toutefois se stabiliser, au moins dans les marchés développés ;
• une tendance à la concentration en amont (production/édition) et en aval (distribution).

Les différents segments de l’industrie des contenus devraient connaître des trajectoires différentes dans les cinq années à venir :
• l’édition, qui n’en est qu’au début de son processus de dématérialisation, devrait voir ses revenus stagner.
• La musique, la vidéo et les jeux vidéo devraient poursuivre ou renouer avec la croissance.
• Le taux de dématérialisation global atteindra 63 % en 2018.

l’IDATE identifie les facteurs clés du développement du marché des contenus numériques :
• la montée en puissance de la fonction "service", qui permet la recommandation personnalisée des contenus ;
• un lien accru entre achat d’une copie physique et d’une copie dématérialisée ;
• des modèles tarifaires innovants, individualisés pour chaque contenu ("Yield management").

Les dépenses des ménages devraient repartir à la hausse

En chute ces dernières années, le montant des dépenses des ménages en services et produits culturels devrait repartir à la hausse dès 2014 pour atteindre 84.2 EUR par an à l'échelle mondiale en 2018. On constate cependant de fortes disparités suivant les zones puisque l'Amérique du Nord restera de très loin la première zone en matière de dépenses des ménages en biens et services culturels, avec 375 EUR/ménage/an en 2018.

Évolution des dépenses des ménages en biens et services culturels, dans le monde, par type de contenu, 2014-2018 (EUR, %)

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Source : IDATE, Le marché mondial des contenus numériques, Septembre 2014

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22déc/140

Valorisation du marché FTTx : Un marché de plus de 180 milliards d’Euro en 2018

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Valérie CHAILLOU Head of Research, Telecoms Business Unit, IDATE

L’IDATE a publié son rapport sur la valorisation des marchés FTTx afin de fournir une estimation des marchés du THD en valeur sur la période 2013-2018 et de répondre aux questions suivantes :

 

• Quels sont les niveaux actuels d'ARPU des accès Très Haut Débit, et comment vont-ils évoluer dans les cinq prochaines années ?
• Comment se justifient les écarts observés entre pays ?
• Quels sont les scénarios de développement du marché du THD les plus probables ?
• Quels sont les principaux critères à prendre en considération pour les évaluer ?

Pour Valérie Chaillou, Chef de projet de cette étude, « l'importance des coûts des nouveaux réseaux d'accès rend cruciale la question de leur monétisation. Les stratégies d'offre des fournisseurs d'accès Très Haut Débit (THD) ont pour objectif de s'assurer qu'un nombre suffisant de clients vont choisir le THD, permettant ainsi de générer des revenus substantiels. »

En 2014, le marché mondial du THD est estimé à 120 milliards EUR. Il dépassera 181 milliards EUR en 2018. Ce chiffre d'affaires concerne le THD dans son ensemble, soit les architectures FTTH/B, FTTN+VDSL et FTTLA+DOCSIS 3.0. La part du FTTH/B seul, au regard du nombre d'abonnés que représente cette architecture dans les différentes régions, atteint 41%% en 2013.

La prédominance de la zone Amérique du Nord (55% du marché du THD en 2013) devrait s'amoindrir d'ici à 2018, au profit de l'EU28 et des autres régions du monde, dont la part devrait passer de 27% à 37% en cinq ans. La part de la zone Asie-Pacifique restera stable sur la période, à 18%.

La part du THD dans le marché du haut débit devrait augmenter dans chacune des trois grandes régions : elle passera respectivement de 40% à 79% dans l'EU28, de 69% à 74% en Amérique du Nord et de 45% à 73% en Asie-Pacifique entre 2013 et 2018

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Nous distinguons deux grandes catégories d'offres THD : offre de captation et offre de migration. Un ou plusieurs objectifs peuvent être rattachés à la mise en œuvre par un opérateur donné d'une stratégie d'offre particulière. Il peut s'agir d'augmenter l'ARPU moyen, de limiter le taux de churn, de maintenir son niveau de compétitivité, de lutter contre une concurrence exacerbée sur le marché du haut débit…

Deux scénarios extrêmes permettent d'évaluer les tendances d'évolution des ARPU THD, au regard notamment du positionnement des opérateurs face à la montée en puissance des fournisseurs de contenu qui ont, de leur côté, tout intérêt à voir s'étendre les réseaux THD Soit les opérateurs se recentrent sur leur activité réseau et proposent des services à valeur ajoutée liés à la gestion de réseau (stockage de données, sécurisation, authentification…) – scénario "FTTx : un réseau de type smart pipe" –, soit ils s'impliquent dans la fourniture de services et d'applications de type TV et vidéo directement auprès des utilisateurs finaux – scénario "segmentation de l'offre et services premium".

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16déc/140

Mobile Communication : Compte-rendu du DigiWorld Summit 2014

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Par Yves Gassot, Directeur général, IDATE  
& Didier Pouillot, Directeur de la Business Unit Stratégies Télécoms, IDATE

Une certaine sérénité pour ne pas parler d’optimisme ressortait des sessions télécoms du DigiWorld Summit 2014. Etait-ce à cause des big numbers que chacun alignait pour faire état de la croissance du nombre d’usagers mobiles (plus de 9 milliards à la fin de la décennie), de l’explosion des objets connectés (80 milliards en 2020 selon l’IDATE), de la croissance du trafic (trois fois plus rapide que celle du fixe), des débits attendus avec l’Advanced LTE (jusqu’à 100 fois ceux de la 3G)...

 

La 5G doit être l’occasion du retour de L’Europe

Dans ce contexte, le mot d’ordre partagé par tous les conférenciers était d’effacer la décennie passée marquée pour beaucoup d’opérateurs européens par un recul des revenus et des marges depuis 2008 à l’échelle des 5 principaux marchés, comme l’a souligné Didier Pouillot, Directeur de la Business Unit Stratégies Télécoms de l’IDATE, d’investissements très en deçà de ceux observés aux Etats-Unis, et finalement d’un déploiement tardif de la 4G malgré une couverture en net progrès. Rendez-vous est fixé : l’Europe doit être revenue parmi les leaders de l’industrie et des services de télécommunications à l’horizon attendu pour la 5G, soit vers 2020, même si les sud-Coréens aux jeux Olympiques de 2018 et les japonais à ceux de 2020, auront à cœur d’exposer leurs compétences.
Sur le plan technique, la course au très haut débit mobile paraissait déjà bien balisée. Frédéric Pujol, directeur de la Business unit Wireless de l’IDATE, soulignait les atouts du LTE, un standard partagé au plan mondial, et les différentes contributions que l’on retrouvera dans l’Advanced LTE avec l’agrégation de fréquences, les HetNets (Heterogeneous Networks) qui permettront de mieux gérer les small cells, l’optimisation des protocoles multicast (la vidéo devant représenter plus de 50% du trafic) eMBMS. La 5G, qui est encore loin d’être normalisée,  ira encore plus loin dans les débits en offrant des vitesses de l’ordre du Gigabit/s. Mais, comme plusieurs intervenants l’ont signalé, il s’agira aussi d’un accès multi-réseaux, tenant compte par exemple des contraintes particulières de déploiement de l’Internet des Objets, ces derniers n’étant pas tous connectés à travers des réseaux cellulaires (mais plutôt en NFC ou à travers des réseaux radio basse fréquence comme celui déployé par Sigfox).

L’enjeu des technologies Wireless alternatives… en attendant la 5G

On a aussi beaucoup parlé du Wi-Fi à Montpellier. Il y avait notamment Silano Lo, CEO de Ruckus Wireless, un des principaux fournisseurs d’équipements installé dans la Silicon Valley. Elle a, en particulier, souligné les progrès des nouvelles générations de Wi-Fi qui seront complètement intégrées aux infrastructures des opérateurs et qui éviteront aux abonnés de devoir se déclarer en entrant un mot de passe. Elle a rappelé que le Wi-Fi était au cœur de la stratégie de Comcast et d’autres câblo-opérateurs aux Etats-Unis pour fidéliser leurs abonnés mais aussi pour entrer sur le marché du wireless.
Dans ces stratégies, dont on trouve aussi l’expression en Europe avec des sociétés telles Liberty Global ou encore BT, le Wi-Fi permet aux opérateurs fixes, en combinant home spots et hot spots, de fonctionner comme des MVNO mais en minimisant le trafic supporté par l’infrastructure cellulaire.

A la question de savoir si les accès mobiles à haut et très haut débit avaient vocation à se substituer aux accès fixes, les participants aux différents panels ont apporté quelques nuances. Tous s’accordent pour souligner que, dans les économies émergentes, le broadband mobile allait être le principal vecteur de croissance de l’internet même si Christophe Wilhelm, Senior VP Strategy & Innovation de Tales Alenia Space, a souligné la place des solutions satellitaires (géostationnaires mais aussi sur des orbites défilantes MEO/LEO) ou non conventionnelles, telles les ballons voir les drones.

La révolution du très haut débit passe par la mise à niveau du cœur réseaux

Pour Michel Combes, CEO d’Alcatel-Lucent, on en n’est plus au débat de savoir qui du fixe ou du mobile va gagner : les infrastructures convergentes et le haut débit mobile ne pourra pas éviter des architectures small cells publiques et privées, poussant la fibre optique de plus en plus loin en direction des usagers. Mais la révolution, pour Michel Combes, ne se limite pas au très haut débit, elle passe plus fondamentalement par l’intégration des concepts de SDN (Software Defined Network) et de virtualisation avec le NFV (Network Function Virtualisation) qui permettront de disposer des fonctionnalités de commande et de contrôle assurant fiabilité et sécurité aux réseaux. Si le smartphone est devenu, pour le consommateur, le ‘marqueur’ des innovations, et si la révolution du Cloud a démarré, celle du réseau qui relie l’un à l’autre reste largement devant nous.

Les opérateurs télécoms à l’offensive pour faire évoluer le cadre réglementaire et leur business models

Naturellement, les opérateurs télécoms ont aussi abordé les conditions de leur rétablissement. En accord avec Michel Combes, les deux dirigeants de Telefónica, Carlos Lopez-Blanco, Global Head Strategies Public and Regulatory affairs, et d’Orange, Pierre Louette, Deputy CEO, ont souhaité que l’Europe présente rapidement un plan stratégique. Plus précisément, Carlos Lopez-Blanco a énuméré les dispositions qu’il souhaitait voir adopter par la nouvelle Commission :
•    une régulation plus légère laissant plus de place à la négociation commerciale,
•    une plus grande harmonisation dans l’application du cadre réglementaire et l’émergence d’un régulateur européen,
•    un « level playing field » qui mette fin à l’asymétrie entre la régulation des telcos et le laisser faire qui caractériserait les positions dominantes des acteurs OTT.

Mais cette dernière exigence va au-delà de la régulation sectorielle ; de la même façon, la poursuite du mouvement de consolidation engagé en Europe repose principalement sur les autorités antitrust. Enfin les deux représentants de Telefónica et d’Orange ne se sont pas contentés de regretter les contraintes réglementaires. Ils ont aussi esquissé les évolutions de leurs modèles d’affaires en soulignant les promesses qu’ils voyaient dans le développement de la 4G et du trafic data mobile, dans le cloud et le M2M, ainsi que dans le potentiel de partenariat avec les acteurs des contenus ou des « verticaux », sans renoncer pour autant à offrir des « exclusivités » ou à proposer leurs propres services OTT. L’occasion pour eux de préciser que leur position en faveur de l’ « open Internet » ne doit pas les enfermer dans un statut de « dumb pipe ».

Pour aller plus loin…

Nos vidéos :

> L’interview de Pierre Louette, Deputy CEO d’Orange  (anglais)
> La présentation vidéo de Michel de Rosen (Eutelsat) - Disruptive Innovations 
(anglais)
> L’interview de Frédéric Pujol, directeur de la Business unit Wireless de l’IDATE
 (anglais)

Les présentations à découvrir :

> Didier Pouillot  « rethinking the telcos business model »
> Jaehyun YEO, Senior Researcher, KISDI
> Ambroise Popper, VP/GM M2M BU, Sequans Communications " Closing Keynote" 
> Carlos LOPEZ, Telefónica 
"Rethinking the Telcos business models in the age of 5G "
> Soline Olszanski, VP Strategy & Innovation, Hub One "4g critical and Professional"
Nos études à découvrir :

> World Network Optimisation Technologies
> World LTE Market
> World FTTx Markets

12déc/140

L’édito d’Yves Gassot : Vers une nouvelle donne en Europe

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Yves Gassot
CEO, IDATE

La situation du secteur des services de télécommunications en Europe est particulièrement mouvante sous l’effet d’une actualité multiforme partagée entre Bruxelles et l’accélération des opérations de consolidation.

On peut ainsi énumérer plusieurs faits :

La mise en place de la nouvelle Commission à Bruxelles : elle se fait sous l’égide du plan d’investissement Junker, dont une part pourrait être consacrée aux infrastructures télécoms sans que l’on connaisse aujourd’hui son montant et ses modalités d’attribution.

L’organisation particulière de cette Commission dans le secteur du numérique autour d’un Vice-Président et d’un Commissaire. Beaucoup ont noté le caractère assez peu convergent des déclarations faites par MM. Andrus Ansip et Günther Oettinger.

Les interrogations sur le devenir du "leg" de Mme Kroes et du Parlement sortant. Le récent Conseil des ministres des télécoms a montré qu’il sera très difficile de rester sur les dispositions qui se concentraient sur trois points : a) la neutralité de l'Internet, b) le roaming intra-européen 
c) la coordination des politiques en matière de gestion du spectre. Les adaptations pourtant très substantielles du texte initial (rejeté par les opérateurs et la plupart des membres) proposées par la présidence italienne n’ont pas réussi à faire l’unanimité.

Le lancement d’une nouvelle "review". La Commission va devoir également proposer un calendrier pour amorcer la révision des directives, comme cela est prévu. L’exercice consistera à revenir sur la définition des marchés pertinents ; une liste plus resserrée des marchés donnant lieu à une analyse ex ante des positions dominantes sera probablement proposée.

En substituant au projet de "the European single telecom market" le projet "the European digital single market", la Commission veut également mettre l’accent sur les dispositions législatives connexes des télécoms, qui concernent en particulier les dispositions relatives à la privacy et à la propriété intellectuelle. Dans un autre registre, il lui faut relayer l’OCDE pour mettre fin aux abus des pratiques d’optimisation fiscale des OTT tandis que son pouvoir antitrust va devoir se prononcer sur les éventuels abus de position dominante de Google. Enfin, viendront assez vite dans les négociations commerciales transatlantiques (TTIP) de nouveaux dossiers numériques…

Mais pendant ce temps, on serait tenté de dire que la vraie vie continue, voire s’accélère

Le marché des services de télécommunications reste en repli globalement en Europe, mais a tendance à se stabiliser dans de nombreux pays. Et surtout, la fièvre des opérations de fusions et acquisitions monte : après la finalisation des opérations majeures en Allemagne (O2-Eplus) et en France (Altice/Numericable-SFR), on apprend que BT – qui avait depuis plusieurs trimestres manifesté ses nouvelles ambitions (accélération du plan fibre combiné avec le lancement de BT Sports, acquisition de fréquences 4G) – chercherait à acquérir O2 UK ou EE. Hutchison ("3"), le plus petit des quatre opérateurs mobiles, se déclare prêt, dans ce nouveau contexte, à acquérir celui qui ne serait pas retenu par BT.

Vodafone, convaincu depuis longtemps des vertus de la convergence fixe-mobile à l’heure du très haut débit (et qui à ce titre a déjà intégré Cable & Wireless au Royaume-Uni, Kabel Deutschland en Allemagne et le câblo-opérateur Ono en Espagne), se dit intéressé par Liberty Global Présent sur une douzaine de pays en Europe, cette dernière opération permettrait notamment à Vodafone de contrôler Virgin Media au Royaume-Uni (dont le câble dessert 40% des foyers britanniques), l’ensemble UPC-Ziggo (qui dessert 75% des foyers aux Pays-Bas), et d’additionner en Allemagne, son premier marché, les deux principaux câblo-opérateurs.

Naturellement, l’antitrust devra regarder ces opérations et éventuellement imposer des "remèdes". Ajoutons que d’autres propositions (publiques) sont en cours, telles que celle d’Orange qui conforterait ses actifs en Espagne en prenant le contrôle de Jazztel et celle d’Altice/Numericable qui viendrait acquérir Portugal Telecom (limité aux actifs portugais) tandis que le Brésilien Oi (avec lequel l'opérateur historique portugais avait convolé) pourrait… fusionner avec Telecom Italia (ou sa filiale brésilienne TIM) ! Si ces opérations – ou du moins les plus importantes d’entre elles – aboutissent, des déséquilibres apparaîtront, qui pousseront de nouveaux candidats à de nouvelles opérations.

Les offres de crédit ne semblent pas faire défaut, les marchés financiers ne paraissent plus effarouchés par des ratios de dette/EBITDA qui dépassent 4 ou 5 : il reste à surveiller les multiples retenues pour les acquisitions et à concrétiser les synergies ou les bénéfices des effets d’échelle avancés dans les prochains EBITDA des futurs ensembles.

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9déc/140

Séminaire TV Everywhere : compte-rendu du DigiWorld Summit 2014

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Par Antoine Klifa, Consultant à l'IDATE & Florence Le Borgne, Responsable de la practice Next Gen TV, IDATE

 

Dans le cadre du 36e DigiWorld Summit, le séminaire "TV Everywhere" a permis d’apporter un éclairage sur les nouveaux comportements d’usage, les possibilités offertes par l’hybridation, les technologies de cloud et leurs conséquences sur le futur de la consommation vidéo, à l’extérieur comme au sein du foyer.

 

Poursuite du développement des usages ATAWADAC

• Anytime
Le principe de visionnage "à la demande" constitue un des nouveaux usages les mieux adoptés par les consommateurs, que ce soit via les services de catch-up, TVoD ou SVoD. L’IDATE souligne néanmoins que l’accès au contenu à la demande peut être limité par des contraintes réglementaires ou contractuelles, notamment en ce qui concerne les films de cinéma.

• Anywhere
La consommation de contenus indépendamment du lieu de localisation n’est pas encore un usage adopté massivement, notamment en situation de mobilité. Cela s’explique en partie par des contraintes technologiques et par une mise à disposition partielle des contenus vidéo – notamment live – par les distributeurs de services de télévision.

• Any device
Malgré la prolifération de nouveaux écrans et la progression rapide de la consommation de contenus sur smartphones ou tablettes, le visionnage de contenus reste dominé par le téléviseur, même dans les marchés les plus matures. Afin de parvenir à une expérience "Any device" convaincante, les distributeurs de services doivent également réussir à adresser la problématique de continuité entre les terminaux.
François ABBE (Founder & CEO, Mesclado) rappelle que Disney a conclu un accord avec Google et Apple grâce auquel une vidéo achetée sur un des deux stores peut être lue par un lecteur de l’autre store, ouvrant ainsi la voie à une expérience seamless pour le consommateur.

Le téléviseur peut représenter un enjeu différent selon les éditeurs de chaînes et leurs problématiques spécifiques de distribution. Vincent FLEURY (Directeur du développement et Adjoint au Directeur Nouveaux Médias, France Médias Monde), pour lequel l’enjeu principal est d’adresser l’ensemble de ses utilisateurs, estime que la télévision n’est "qu’un écran parmi d’autres", alors que pour Laurent FRISCH (Vice-Président Digital, France Télévisions) et Valéry GERFAUD (General Manager, M6 Web) le téléviseur reste l’écran incontournable pour regarder la télévision en live, voire en rattrapage ou différé.

• Any Content
Face à la fragmentation des moyens d’accès aux offres vidéo et à la surabondance de contenus, les consommateurs semblent désormais disposés à payer pour des services capables d’adresser leurs besoins de repères et de personnalisation.

Pour l’IDATE, un des enjeux pour les services est de parvenir à proposer des contenus personnalisés qui dépendent également du terminal utilisé et du contexte de consommation. À cet égard, les problématiques de big data et les moteurs de recommandations revêtent une importance particulière (La présentation de Florence Leborgne sur le sujet).

Didier LEBRAT (CTO, Sky) souligne par ailleurs les investissements importants consentis par le groupe Sky dans les contenus et dans l’amélioration de leur qualité pour créer de la valeur pour les abonnés, et constate que le contenu de la pay-TV est désormais davantage demandé par les utilisateurs de Sky+ On Demand que celui de la télévision gratuite.

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L’hybridation et les nouvelles configurations de distribution vidéo

Vincent GRIVET (Group Head of Broadcast Development, TDF) rappelle que le tout-IP pour la vidéo n’est pas encore possible, alors que par ailleurs la consommation à la demande se développe. Les deux phénomènes imposent donc le déploiement de solutions hybrides. Si HbbTV devait apporter une réponse à ce besoin, il semble qu’il n’y ait finalement pas autant d’hybride actuellement que ce que l’on promettait il y a trois ans. Vincent FLEURY estime pour sa part que l’industrie attendait beaucoup plus de la TV connectée, et que la connectivité marche mieux pour le moment sur les décodeurs des opérateurs et les outils mobiles. Sa préoccupation est d’apporter la connectivité là où elle n’existe pas.
Darko RATKAJ (Senior Project Manager Technology & Innovation, EBU) met l’accent sur les besoins des utilisateurs et fait un parallèle entre la consommation de télévision traditionnelle – qui reste une expérience partagée – et la consommation à la demande, qui est pour le moment une consommation "additionnelle". Selon lui, la question est de savoir si une plateforme vidéo correspond aux besoins des utilisateurs à la fois en terme de qualité mais aussi de couverture, cette dernière n’étant pas seulement géographique mais aussi démographique. Pour lui, l’hybride existe, mais pas au sens où un réseau ou une technologie permettrait de résoudre les problèmes. Ce qui importe est d’apporter le bon service dans de bonnes conditions, ce n’est pas de savoir si c’est du broadcast ou du broadband.

Yves BOUDREAU (VP Mediacom Technology Strategy, Ericsson) voit se développer le concept de prosumer : si les vendeurs de solutions ne développent pas les solutions adaptées aux usages, les prosumers vont se fabriquer eux-mêmes leur "Frankenstein vidéo". Les diffuseurs, programmeurs et fournisseurs de technologies doivent ainsi s’allier pour créer des produits qui répondent aux nouveaux besoins des consommateurs, au risque de voir s’imposer les solutions des géants du monde Internet comme Google, Amazon ou Apple…

On constate notamment un développement de l’hybridation autour des réseaux broadcast, qui ne disposent pas d’une voie de retour native. La dynamique est différente selon le modèle économique du service de télévision :
• les distributeurs de services de télévision payante comme Sky ou DirecTV sont capables de définir l’expérience client grâce à leurs décodeurs et donc de répondre à leurs nouveaux besoins de manière efficace ;
• pour le monde de la télévision gratuite, les problématiques de standards semblent pour l’instant constituer un frein au développement et à l’adoption de services hybrides réellement performants. Par exemple, les chaînes sont confrontées à des coûts importants de développement pour leurs applications, conséquence directe de la fragmentation technologique importante des écosystèmes applicatifs. Laurent FRISCH souligne que, parmi la multitude de technologies existantes, toutes ne sont pas équivalentes. Les chaînes ne prennent pas forcément de position, mais attendent de voir quelle solution va s’imposer. Faute de solution unique ou unifiée, il n’y aura pas d’explosion des usages de la Smart TV.

Jean-Hubert LENOTTE (Director of Strategy, Eutelsat) constate que les opérateurs de réseaux prennent également des initiatives sur les sujets d’hybridation, poussés par le fait que si le linéaire est toujours important dans la consommation vidéo, l’usage est stable, et que la croissance vient du non-linéaire. Il est donc important pour ces acteurs de pouvoir proposer de l’interactivité en live afin d’augmenter l’intérêt pour le consommateur. Si des clients comme Sky ou Canal+ préfèrent garder la maîtrise de l’utilisateur et développent eux-mêmes leur box et les services qui gravitent autour, pour d’autres clients, Eutelsat développe une solution "smartLNB", c’est-à-dire des têtes de réception bidirectionnelles qui permettent d’intégrer la voie de retour directement dans la parabole et donc de supprimer la contrainte de connecter le décodeur à Internet. Il rappelle par ailleurs que le satellite permet aussi de fournir du contenu à la demande en HD voire en UHD là où le broadband n’existe pas.

Pour les chaînes de télévision, l’hybridation est également caractérisée par le développement de nouveaux modèles économiques et de nouveaux partenariats.
• Pour Didier LEBRAT, la commercialisation de l’offre OTT Now TV permet ainsi de s’adresser à des consommateurs qui souhaitent une très grande flexibilité et qui n’envisageaient pas forcément l’abonnement à son offre de télévision par satellite.
• Vincent FLEURY estime que l’hybridation n’est pas seulement une question de réseaux techniques mais constitue un moyen d’accéder à de nouveaux consommateurs : il souligne l’importance de la syndication et recommande l’utilisation des moyens mis à disposition par les nouvelles plateformes vidéo comme YouTube ou Facebook.
• Selon Laurent FRISCH, les éditeurs audiovisuels et les nouveaux entrants ont pour vocation de créer des nouvelles chaînes de télévision "hybrides", combinant linéaire et non-linéaire, pour réinventer leur proposition de valeur.

• Valéry GERFAUD indique que la part des revenus publicitaires générés par la catch-up TV dans les revenus publicitaires du groupe M6 est proportionnelle à celle du temps passé sur les services de rattrapage par rapport au temps passé sur les chaînes linéaires du groupe, grâce à une bonne monétisation de la catch-up TV.

Enfin, Marc LE DAIN (Associate Partner, IBM Consulting Services) souligne que l’hybridation concerne aussi les clients : leurs comportements diffèrent en fonction des catégories de programmes (La présentation de Marc Le Dain : http://fr.slideshare.net/DigiWorldIDATE/tv-everywhere-41808106).

Des incertitudes sur le basculement vers un modèle "tout-unicast"

Les réseaux des opérateurs télécoms et de câble disposent d’une voie de retour qui facilite le développement de services vidéo avancés pour les abonnés aux offres de télévision payante. De plus, leurs réseaux point-à-point permettent l’utilisation de technologies logicielles de sécurité moins coûteuses que les systèmes d’accès conditionnel du monde broadcast.
Yves BOUDREAU rappelle que le réseau Internet n’a pas été initialement développé pour la distribution de la télévision et n’est pas à même, à l’heure actuelle, de prendre le relais de la TV en clair et de la TV payante si le broadcast devait être arrêté à court terme. Des questions persistent sur les investissements nécessaires par les opérateurs télécoms pour parvenir à satisfaire les besoin des consommateurs dans un modèle "tout-unicast". Pour Jean-Hubert LENOTTE, la combinaison du broadcast et du broadband reste pour le moment le plus efficace, notamment d’un point de vue économique.

Le "LTE broadcast"

La distribution de services de télévision en LTE broadcast, grâce à la technologie eMBMS, constitue également une nouvelle alternative possible pour la distribution vidéo. Pierre-François DUBOIS (VP of Product Development, Orange Technocentre) rappelle que la plupart des smartphones LTE sont déjà équipés d’un chipset eMBMS capable de recevoir un flux broadcast.
La technologie est déjà déployée commercialement en Corée du Sud et devrait prochainement se développer dans de nouveaux territoires, bien que des questions de modèle économique persistent, notamment sur le mobile. Pour Yves BOUDREAU, la combinaison entre broadcast et LTE permet d’apporter un service pour lequel le consommateur pourrait être prêt à payer.

Vers un rôle majeur des technologies de cloud dans la distribution vidéo

Le développement du cloud dans le domaine de la distribution de la télévision et de la vidéo bouscule l’approche traditionnelle de l’ensemble des acteurs de l’audiovisuel. Les technologies dites de cloud TV permettent de basculer progressivement vers un modèle plus flexible, qui autorise un déploiement rapide de nouveaux services et qui modifie la structure des investissements vers un modèle "à la demande".

Par exemple, les technologies de nPVR permettent de déplacer l’intelligence dans le réseau des opérateurs et donc d’éviter d’intégrer un disque dur dans chaque décodeur. Cependant,

Valéry GERFAUD souligne que si de telles solutions se développaient, cela risquerait de se faire au détriment des revenus de la catch-up TV.

Les technologies de cloud permettent également de répondre à de nouvelles problématiques éditoriales liées à la Social TV, comme Rising Star, centrée sur l’interactivité avec les spectateurs. Pour Valéry GERFAUD, cette intégration de l’interactivité au cœur même d’une émission peut être très populaire auprès des téléspectateurs, mais elle entraîne des problématiques techniques inédites à gérer. Seul le cloud permet d’encaisser des pics de charge aussi importants, d’un point de vue de flexibilité et de coûts. Selon lui, la qualité de service reste un vrai problème, les utilisateurs interrompant rapidement le visionnage d’un contenu de mauvaise qualité, faisant ainsi perdre de l’argent à l’éditeur du service.

Pour Xavier POUYAT (Senior Program Manager, Azure Media Services), le cloud permet également de faire vivre les contenus au-delà de leur diffusion : dans le cadre d’un épisode interactif de la série "Bref", plus d’un million de vidéos personnalisées ont ainsi été générées en trois jours grâce au cloud.

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Ces technologies devraient également être déterminantes dans les prochaines années pour acheminer des services de télévision en THD, qui représente un défi technologique et économique, comme le rappelle Jérôme RENOUX (Regional Sales Director, Digital Media, Southern Europe, Akamaï Technologies). L’introduction de nouveaux formats de compression, comme l’HEVC, devrait également avoir des conséquences importantes, pour la THD comme la HD. Pierre-François DUBOIS espère ainsi que, grâce à l’HEVC, 85% des clients IPTV Orange seront éligibles en HD.
De plus, elles devraient jouer un rôle majeur dans la fusion et la simplification des workflows des acteurs de la chaîne audiovisuelle, afin d’adresser efficacement la consommation en live comme à la demande sur l’ensemble des terminaux.

Une problématique pas seulement technique, mais éminemment juridique

La question de la TV Everywhere et du cloud pose nécessairement la problématique de l’identification de l’utilisateur et donc de la protection de ses données personnelles.
Alors que la tendance dans le monde entier est de monétiser les données personnelles des utilisateurs d’Internet, Alain BENSOUSSAN (avocat, cabinet Alain Bensoussan) rappelle que la notion de propriété des données n’a pas de statut juridique : Facebook accorde ainsi à son milliard d’utilisateurs un droit qui juridiquement n’existe pas, aucun état régalien ne reconnaissant la propriété de ses données personnelles.
Par ailleurs, alors qu’une centaine de pays dans le monde ont adopté une réglementation "informatique et liberté", il apparaît que dans le big data, l’individu ne maîtrise pas les données qui le concernent, voire il ne sait pas que des données le concernent. L’important dans le big data n’est pas de savoir le nom de la personne derrière son écran mais de pouvoir prédire à plus de 90% qui est là et ce que cette personne va vouloir. On va vers une personnalisation anonyme.
Enfin, Alain BENSOUSSAN introduit le concept de "privacy by design", consistant à concevoir des produits et des services qui sont "privacy inside", afin de réduire le côté "anxiogène" pour l’utilisateur ; c’est ce qui fait notamment le point fort de Facebook.

Pour revivre le DigiWorldSummit :
> Découvrez l'interview de Gilles Fontaine sur le contenu.
> Découvrez l'interview de Gilles Fontaine sur le thème TV and Video facing mobility :

Découvrez les présentations de nos invités et consultants :
> La présentation de Florence Leborgne : http://fr.slideshare.net/DigiWorldIDATE/tv-everywhere-41807282
> La présentation de Marc Le Dain : http://fr.slideshare.net/DigiWorldIDATE/tv-everywhere-41808106
> "TV + Digital", une présentation de Laurent Frish : http://fr.slideshare.net/DigiWorldIDATE/tv-everywhere-digiworld-summit-2014

Pour aller plus loin, notre étude sur le thème TV Everywhere.
> Un article sur le futur de la télévision.
> L'étude en rapport avec le sujet sur le future de la télévision en 2025 à commander dans notre boutique

 

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[ITW] Jean-Louis MISSIKA, Deputy Mayor of Paris in charge of urban planning

Published in COMMUNICATIONS & STRATEGIES No. 96

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Interview with Jean-Louis MISSIKA, Deputy Mayor of Paris in charge of urban planning

Conducted by Yves Gassot, CEO, IDATE-DigiWorld Institute

C&S: The Smart City concept is often criticized for seeking new markets for digital technology rather than tackling the phenomena that make the management of our cities increasingly complex. What is your view?
Jean-Louis MISSIKA:  I do not think it is a fair criticism. Digital technologies have undeniably created the conditions for important changes in our ways of living, inhabiting and consuming. They are now part of our everyday lives and, surely, their impact will increasingly spread throughout the multiple ways we, as humans, interact.
Beyond what they create as opportunities for individuals, digital technologies are fundamental for cities – and among them the city of Paris. Urban systems are confronted with major challenges on the economic, social and environmental fronts. Energy transition, and more generally the management of scarce resources, climate change and the biodiversity challenges drive us to analyze all the solutions available now and in the future to build a more sustainable city - the city of tomorrow. Digital technologies and, in particular, their potential in terms of coordination and rational use of scarce resources, are high on the policy agenda. This is not simply to create a market for them; this is about using all the possibilities offered by technology.
I definitely think it can be a win – win development for both the city and the companies if these firms are working with those involved in the challenges of the city like urban planners and system operators.
Additionally, we are witnessing a boom of young, innovative companies and startups, but also the citizens themselves – both from Paris and outside – who develop digital solutions for the city. This is clear evidence of what is at stake here: it is for local authorities to allow the digital revolution to spread in the society so that innovation does not only occur through large companies but also thanks to citizens' initiatives.

C&S: How would you rate the strategy of Paris, using a broad comparison between the very holistic, top-down approach of projects emerging in the context of new towns and in Asia, and the more bottom-up approach that seems to be primarily based on using multiple data repositories ('open data') associated with urban systems?
J.-L. M:
We are definitely leaning towards the "bottom up" approach to building Paris as a smart city.
Collective intelligence is an effective way to source the best ideas. And it does work well in Paris in part because we provide people with the appropriate means to implement projects: workspaces, coaching, financing, public spaces to experiment… and data.
This is one of the pillars of a smart and sustainable city: a place where the technology is used for people, by people, to include them in the life of the city and in the process of public decisions.
Let me refer to a recent project. We have worked over the last 6 months since the election to reach a greater transparency and citizen involvement in the City operations, by creating a platform for the development, discussion and adoption of community projects. These are chosen by the Parisians and are financed through a participatory budget. 5% of the total investment program, which represents 426 million euros, has been flagged for programs chosen directly, through vote, by the Parisians.
Within the next months, Parisians will even be able to share the benefit of their expertise and creativity by suggesting investment ideas directly.
Another way to involve people is crowdsourcing. We have developed the "DansMaRue" mobile application which Parisians use to signal local problems and even identify spots for "urban greening" (buildings, walls, squares, abandoned urban places). It is this type of exchanges with Parisians we want to implement to make our City better.
This is a genuine urban revolution in the making: the role of local governments of world-cities is to understand, support and leverage the benefits of this revolution. European cities, I believe, have a major role to play in leading this transformation. Their governance is well geared towards citizen involvement and this should alleviate the risks of the "systemic city" or the "cybernetic city".

C&S: Do you have any models or at least references to guide your project for Paris?
J.-L. M: Many interesting models exist throughout the world and we are discussing extensively with many cities facing the same challenges.
That being said, from our discussions we retain one key conclusion: each of these cities has developed its own good practices with its own cultural frame. I think there is no single model of smart city and it would be ineffective to copy-and-paste alien models or ready-to-use solutions in a fast-changing environment.
We have our own model based on an iterative approach that uses successful experiments in Paris. We have been working for several years to make Paris a strong city in the digital sector and a breeding ground for innovation. I would say that over the last 10 years or so we have created the conditions for the emergence and development of a strong ecosystem. Thanks to all these efforts, Paris has experienced a lot in recent years and is now a world leader in innovation and most certainly the top European city.
There are well-known examples of successes such as Velib ', Autolib', Paris Wifi, among other experiments such as heating a residential building thanks to the energy produced by data centers, data vizualisations of the Paris transport system, smart street furniture, … Many of those locally-grown success stories are helping to build our own project of smart city and to deploy these experiments on a larger scale as standards for the city of tomorrow.
Paris is actually creating international benchmarks for smart city, though it is not as recognized as it should be. Through calls for innovative projects led by the Paris Region Lab at the initiative of the City, we facilitate the emergence of intelligent solutions on subjects as diverse as intelligent street furniture, energy efficiency or assistance home support for seniors. Paris provides entrepreneurs and businesses of all sizes with a single territory and open trials. It also runs a network – an open innovation club – that organizes meetings between the largest companies and startups. We are even deploying this initiative in other French cities, at their own request.

C&S: What priority initiatives have been selected for the Smart City project in Paris?
J.-L. M: One billion euros will be invested by 2020 in order to make Paris the international benchmark in innovation related to land use, the participatory democracy, sustainable development, the digital economy and energy transition.
Our smart city approach is threefold: open city (open data), digital city (potential of digital technologies and their application to improve the quality of life of Parisians) and the inventive city (which is built by transversal networks and innovation).
Each of these pillars shall contribute to our 4 main targets.
One of the most important is the food supply because no city in the world is capable of ensuring its food self-sufficiency in the present state of our know-how and our food is responsible for almost 40% of our ecological footprint. We have recently launched a call for projects titled: "Innovative Urban Greening" which consists, among other objectives, in experimenting with the urban agriculture of the future.
Another challenge is the energy of the city. 90% of the energy of the Paris metropolis is provided by fossil fuel or nuclear energy. From a territorial point of view, it is an imported energy. In addition to the on-going effort on renewable energies (with a certain success for geothermal energy), the focus is increasingly on energy recovery. We must go ahead and draw from their hidden resources. These resources are at the core of the circular economy: a waste produced by someone is a resource for someone else.
An example in Paris is the Qarnot Computing start-up which has invented a radiator-computer: by dissipating all the energy consumed  by data processors in the form of heat, the Q-rads make it possible to heat free of charge and ecologically any type of building (housing, professional premises, collective buildings) according to the needs of their users. A low rent housing building has been fitted out with these Q.rads radiators: the inhabitants do not have to pay for their heating anymore and their ecological footprint is zero.
The third challenge is urban mobility. This can no longer be dealt with through the option of car versus collective transport. New systems of mobility are emerging: they concern the technology of vehicles (electric cars, rubber-tired tram), but above all the technology of services (rental among individuals, sharing, car-pooling, multi modal applications, etc.), and they often open the way for the emergence of new chains of values and new players.
In Paris, the massive adoption of Autolib' and Velib' shows the power of attraction of sharing and self-service.
Last challenge is planning for the future of urban spaces and architecture. In order to take into account new ways of working, living or trading we need to be able to test multifunction buildings that combine housing, offices, community spaces, show-rooms and services to people. This mixed use on the scale of a building implies more flexible Local Urban Plans and an adaptation of safety rules. The new way of working implies home-office, mobile office, co working and remote working centers. The new way of living requires community spaces in the building, a greater use of roofs, community gardens, shared utility rooms, services to the person, sorting and recycling. New trading methods integrate ephemeral shops, shared showrooms and fablabs.

C&S: Paris as a city, and you in particular, have worked hard to ensure that digital is also an opportunity to redevelop business in Paris, which is threatened to become a purely residential city. What connection do you see between support for start-ups, incubators and nurseries, and a policy of the Smart City type?
J.-L. M: The City of Paris is an innovative city at the forefront of digital technology, as evidenced by the ranking of PricewaterhouseCoopers. The emergence of Silicon Sentier in the heart of Paris in recent years, or important events such as Futur en Seine and the Open World Forum illustrate the growing dynamism of our city in terms of digital innovation.
Notably, in our incubators, many innovations are related to digital technologies. They create value in all areas of the city and aim to serve people in a better way.
As an example, the Moov'in city competition launched in June 2013 by the City of Paris in partnership with the RATP, SNCF, JC Decaux and Autolib' aimed at bringing out new web-based and mobile services focused on mobility in Paris and the Ile de France region. One hundred ideas were generated through this process; seven of them were awarded a prize. Among them, the Paris Moov' solution is a route calculation application that integrates all public transport modes available in the Ile de France region and suggestions of activities once arrived at destination.
Some incubators and clusters that we support are directed specifically to the city and urban services (energy, transport, water, logistics, etc.).
This is for example the case of the Paris Innovation Massena incubator where we work with large corporations like SNCF or Renault. We help them and they accompany us to build our Smart City project.
In addition, the creation of incubators or Fab Lab continues with determination and ambition displayed, particularly with the MacDonald converted warehouse or the Halle Freyssinet, the future world's largest incubator (1000 start-up companies). New places at the forefront of innovation combining incubators, coworking spaces will continue to be created and its ecosystem of innovation will be internationalized. This is the only way for Paris to be in the top attractive and competitive cities in the world.

C&S: How do you pilot a 'Smart City' project? (Is it through a task force outside the main city services? Or through a cross-functional structure involving all the services?) How did you structure management of the Paris project?
J.-L. M: The smart city is a cross-cutting subject, which means we have no other way to do it than keeping good interaction among the administrative units.
All large cities are confronted with the issue of finding the appropriate scale of governance and new governance tools. The model of organization of local administrations is outdated. The large vertically-organised departments (urban planning, roadways, housing, architecture, green spaces) are facing the challenges of intelligent networks, project management, citizen participation that require a much more cross-cutting and horizontal coordination.
Paris has historically been organized in large vertical services to deal, for example with roads, architecture, urban planning and so on. For this reason, we have chosen to address the question of the Smart City within the City of Paris through a steering committee composed of elected officials and a cross-cutting taskforce driven at the General Secretariat - the body that oversees all directions.
This "smart city" mission is a project accelerator. Its aim is to raise awareness on this subject within and throughout the services but also to manage the relationship with our key partners of major urban infrastructure. It supports the deputy mayors on each of their missions and brings global thinking to structure a coherent overall strategy in the multiplicity of initiatives and concrete actions led by all the services.

C&S: On a more mundane level, the deployment of digital applications in the city is also organized on the basis of a telecommunications infrastructure (fiber access, 4G, WiFi, ...). Are you satisfied with the existing equipment and deployments underway at the initiative of private operators? How do you cooperate with them particularly in light of concerns over radio transmitters?
J.-L. M: While the City of Paris has no formal jurisdiction over this subject, we consider it is our role to ensure that all Parisians can access clear and transparent information on the deployment of base stations, and to take their concerns into account while ensuring the development of new technologies. This led us to sign a mobile telephony charter in 2003 with the telecom operators. His latest release in 2012 has set maximum exposure levels to radiofrequency fields and clear procedures for consultation with residents.

Jean-Louis MISSIKA is deputy mayor of Paris in charge of urbanism, architecture, projects of Greater Paris,  economic development and attractiveness. From 2008 to 2014, he was deputy mayor of Paris in charge of innovation, research and universities. Prior to his local mandates, his professional career included various managerial positions in the public and private sectors.