15fév/170

Inventory of FTTH/B in Europe

MONTAGNE_Roland

Roland MONTAGNE,
Head of Practice
contact

Nearly all players, even if less involved in FTTH/B than in other architectures, see FTTH as the end game

 

The first nine months of 2016 confirmed the previous year’s trend: fibre rollouts have continued apace and prove that Europe has entered the “Fibre age”! There were close to 44.3 million FTTH/B subscribers and more than 148 million FTTH/B homes passed in the 39 main European countries as of September 2016. These figures represent respective growth rates of 23% and 17% in 9 months.

Apart from Russia which represents the largest share of FTTH/B subscribers (39%), Europe’s other major markets are Spain, France and Romania, followed by Sweden, Ukraine and Turkey. Of course, the demographics of these countries and the maturity of the national FTTH/B market will have an impact on rankings in the coming years.

Thanks to the tremendous increase in coverage in 2014, Spain was once again the most dynamic market during the first 9 months of 2016, reporting 72% growth in subscriber numbers. France too was among the top markets in terms of new subscribers last year, with a growth reaching 23% – compared to an average growth rate in Europe of 19%.

The country rankings in terms of coverage are not the same, however. The average coverage rate in the EU-28 stands at 23%[1]. Countries with the highest coverage rates are those located in Scandinavia (Sweden and Norway with 80%), Eastern Europe (Russia 96%; Bulgaria 91%) and Southern Europe (Spain and Portugal with 98%).

In terms of players involved in FTTH/B rollout projects, alternative carriers and MSOs still lead the way, representing 53% of all homes passed in the 39 main European countries as of September 2016. Their share of the total has, however, decreased since December 2011 when they represented 71% of all homes passed in the region.

The number of local authorities launching FTTH/B rollout projects in their area also decreased during the period, even if more and more are getting involved. This confirms that although their involvement is vital to ensuring exhaustive coverage, their rollouts will be confined to only the areas for which they are responsible. Their approach and strategy are of course different from private players’…

Naturally incumbent carriers are important actors in all European countries. They represent 43% of homes passed in the 39 main European countries as of September 2016, compared to 21% at the end of 2011! In previous years, we noted the growing involvement of incumbents, and today they are involved in at least small FTTH/B projects in every country in Europe. Even if some are still focused on other FTTx architectures, all consider FTTH to be the end game.

schema_inventoryFTTHB_1

schema_inventoryFTTHB_2


[1] Ratio of homes passed to total households.

To delve deeper into FTTH/B markets, check out our latest market report

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

Remplis sous: FTTx Aucun commentaire
31jan/170

Aménagement numérique en Guinée Conakry : présentation des conclusions du SDAN par IDATE DigiWorld au Ministre des Télécoms

ATTALI_Pierre_Michel_NB

Pierre-Michel ATTALI,
Directeur du Pôle Territoires Numériques
contacter

 

La Guinée Conakry occupe une position particulière sur la côte Atlantique de l'Afrique de l'Ouest avec six pays limitrophes (Guinée-Bissau, Sénégal, Mali, Sierra Leone, Libéria, Côte d'Ivoire), un fort potentiel hydro-électrique grâce à la présence de nombreux fleuves (Sénégal, Niger, Gambie, ...) et des ressources minières importantes comme la bauxite par exemple.

En matière de réseaux de communications électroniques, la Guinée  a adopté le 13 août 2015 une loi qui doit permettre notamment une concurrence effective et un développement des investissements privés sur l’ensemble du territoire, avec l'objectif de supprimer toute barrière à l'entrée des opérateurs et de limiter au maximum les coûts de déploiement grâce à la mutualisation et au partage des infrastructures.

La Guinée bénéficie d'une situation relativement favorable en matière d'accès à la bande passante internationale via le câble ACE (entre la France et l'Afrique du Sud avec le raccordement de nombreux pays de la côté ouest de l'Afrique). Et l'Etat s'est engagé dans une politique volontariste d'aménagement numérique de son territoire, avec la mise en œuvre d'un backbone national fibres optiques de près de 4000 km, qui sera achevé fin 2017 et qui maille le territoire national avec la desserte de 76 villes. Ce backbone sera exploité et commercialisé par la SOGEB une société anonyme contrôlée à l'heure actuelle à 100% par l'Etat Guinéen mais dont le capital a vocation à être ouvert partiellement à des opérateurs privés, dans un modèle d'opérateur d'opérateurs avec un réseau neutre, activé, ouvert à tous les opérateurs de détail dans des conditions transparentes et non discriminatoires.

Le Pôle Territoires Numériques de l'IDATE réalise actuellement, avec ses partenaires LM Ingénierie et le cabinet d'avocats CMS Francis Lefebvre, le schéma directeur d'aménagement numérique (SDAN) de la Guinée et a présenté les conclusions du SDAN le 14 décembre 2016 au Ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Economie Numérique, Monsieur Moustapha Mamy Diaby.

Le SDAN fait l'objet de préconisations déclinées en 5 axes et 23 mesures opérationnelles concrètes portant sur les évolutions réglementaires, la poursuite des investissements en complément du backbone national, le montage juridique et financier pour l'exploitation et la commercialisation du réseau d'opérateur d'opérateurs, le soutien à la demande en matière de TIC, et la mise en œuvre de  formations initiales et qualifiantes dans le domaine des TIC.

En Guinée,  la mise en œuvre d'un réseau d'initiative publique d'opérateur d'opérateurs, ayant vocation à accueillir des partenaires privés, neutre, activé, ouvert à tous les opérateurs dans les mêmes conditions apparaît comme la solution efficace pour l'aménagement numérique du territoire ... avec une singulière résonnance avec le "modèle français" mis en œuvre chez nous.

 Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

 

31jan/170

Is the digital future a sound investment?

Gassot-Yves

Yves Gassot,
Directeur général, IDATE DigiWorld
Contacter

Cela a été dit et à juste titre. La transformation numérique qui s’exprime par l’irruption et l’enchainement d’une succession d’innovations et de performances (cloud, très haut débit, IoT, big data et  IA, VR, etc.) et qui de ce fait passionne beaucoup d’entre nous, représente une source d’inquiétude pour beaucoup d’autres.

De part et d’autre de l’Atlantique une proportion non négligeable de la population l’ignore tout en étant devenue des consommateurs intensifs du numérique ou y voit tout simplement la perspective inéluctable de la destruction des emplois sous l’effet des robots. Des économistes de premier plan s’interrogent sur le ralentissement des gains de productivité, la polarisation des emplois, la création d’une économie de la déflation et de la stagnation.  Ils  se demandent si la « révolution numérique » peut toujours  être considérée comme le levier d’un nouvel essor et la source de création de richesses, à l’instar de la machine à vapeur ou de l’électricité.

Nous restons pour notre part convaincu de l’impasse que représenterait une quelconque volonté de faire un pas de côté par rapport au numérique. Il faut bien au contraire préparer nos pays en investissant plus, à la fois dans la formation, la culture scientifique, la recherche et l’innovation, et naturellement l’imbrication du numérique et de la transition énergétique. Mais l’argumentation,  la volonté d’inclusion –soulignée cette année à Davos –, et les dispositifs de solidarité  doivent être aussi largement développés et repensés.

L’appui de la Banque Mondiale ou de l’OCDE à la relance des investissements en particulier dans les infrastructures va probablement dans les prochains mois susciter de nouvelles réflexions. Pour ce qui concerne les domaines d’activités d’IDATE DigiWorld, on peut énumérer les questions suivantes :

. Quelle priorité faut-il donné au  financement des nouvelles générations de réseaux à très haut débit fixe (FTTH) et mobile (5G) ?
. A quelles logiques répondent les investissements des telcos dans les contenus ? Et plus généralement, pourquoi les telcos devraient investir dans la diversification de leurs activités ?
. Quelles sont les innovations (wearables, VR, assistants numériques, connected cars, …) qui pourraient prendre le relais du moteur de croissance qu’a constitué le smartphone ?
. A quelle échéance va-t-on percevoir le retour sur investissement des projets de cloud,  d’IoT, de big data… engagés depuis quelques années par tous les grands secteurs ? Et est-ce que l’Europe peut trouver dans cette «quatrième révolution industrielle» une chance de revenir un leader du numérique ?

Voilà pour cette première édition de l’année 2017 quelques sujets que nous avons commencé à réfléchir avec nos membres et que l’on devrait retrouver dans nos initiatives, nos DigiWorld Clubs qui se tiennent tous les mois à Bruxelles, Londres et Paris, les DigiWorld Future du printemps (le 18 mai à Bruxelles, le 23 mai à Londres et le 6 juin à Paris), et naturellement le DigiWorld Summit, du 14 au 16 novembre prochain.

Une année 2017 animée par des débats passionnants et décisifs!

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter.

31jan/170

OTT global communication market will exceed 14.6 billion EUR by the end of 2016, and grow to 24.1 billion EUR by 2020

NAKAJIMA_SOICHI_84x126NB

Soichi Nakajima
Director of "Digital Telco"​ Stream, IDATE DigiWorld contact

Representing a CAGR of 13.3%. The market is composed of three segments: VoIP (such as Skype), IP messaging (such as WhatsApp), and also a share of social networking advertising revenues.

 

OTT communication services global revenues

In contrast to the telco communications market, however, the OTT communications market remains very small: since the telco communications market is estimated at 695 billion EUR for 2016, OTT accounts for only 2.1% of total value. Even by 2020, OTT will only account for 3.4%. During this time, the telco communications market is expected to see a CAGR of -0.6%.

Thus, IDATE believes that OTT communication services have not significantly adversely impacted the telcos; rather, it is a case of the telcos maintaining their market values, while OTTs are growing their market value by themselves. In fact, more influential factors, such as the economic climate, internal competition and regulations are affecting telco market values significantly more than OTTs.

For example, France was seeing intense internal competition before 2009, when Whatsapp appeared, making voice and SMS no longer a cash cow. In other countries such as Spain, SMS and mobile voice were already on the decline through the economic recession, and cheaper OTT alternatives simply accelerated the already declining telco revenues. Furthermore, Both VoIP and IP messaging are more of a paid model, and do not generate much market value, since close to 60% of OTT communication revenues come from social network advertising, which can be seen as additional value in communication.

The business OTT communication market, represented by Unified Communications (UC) and Cloud Communications - mainly Communications Platform as a Service (CPaaS) markets, is experencing a rapid growth. The CPaaS market, in particular, is estimated to take off at a CAGR of 166% for the 2015-2018 period, reaching 5.7 billion EUR in 2018. The UC market will grow steadily from 38 billion EUR in 2016 to 60 billion EUR in 2020, reperesenting a CAGR of 11.5%, driven mainly by the UCaaS model.

Still, there is a lot of interest in the VoIP and IP messaging markets, as the acquisitions and investments in this market continue in both consumer and business OTT markets. High-profile acquisitions include the acquisition of WhatsApp by Facebook, Skype by Microsoft, and Viber by Rakuten. This all forms a part of the platform strategy, whereby the aim is not to generate revenues directly from these services, but to see them as useful tools to increase user base and reach, which in turn can be used for monetisation through different means (e.g., advertising, paid games and commerce).
The likes of WeChat and LINE are successful in terms of revenue generation, followed by Facebook Messenger embracing the same platform strategy. Similarly, the acquistion of Tropo by Cisco and of Nexmo by Vonage highlights the platform ambitions of traditional UC players'. With the increasing importance of the CPaaS sector, the likes of Cisco are offering toolkits (APIs, SDKs) to clients, allowing them to develop their own communication functionalities. Meanwhile, leveraging the relationship with telcos, players such as Cisco and Microsoft can offer consolidated OTT and PSTN communication within one single brand.

IDATE DigiWorld sees five main telco strategies in response to the rise of OTT communication services: blocking, bundling, partnerships, telco-OTT and RCS. Blocking is now rare, as it can lead to churn and also arouses debates about net neutrality. Bundling unlimited and/or abundant voice and SMS is a highly useful strategy, lessening the price advantage of OTTs. Partnerships with OTTs can be a useful differentiation strategy, to be used as a driver for data plan subscriptions. Telco-OTT sees the telcos (e.g., Telefónica and Orange) offering their own OTT communication service, combining their own unique telco strengths, rather than being simple OTT copycats. More WebRTC capabilities are also increasingly being offered by telcos. Finally, RCS is a GSMA-led initiative designed to bring OTT-like capabilities to mobile devices. However, in the light of the struggle of the first RCS attempt with the "Joyn" brand, in 2016 telcos began to cooperate with Google to address interoperability and fragmentation issues of RCS across networks and Android devices. Many telcos have thus completely shifted to VoLTE deployment after years of staggering with their RCS initiatives: the "big four" (Deutsche Telekom, Telefónica, Vodafone, Orange), initially in support of "Joyn", are all moving to VoLTE deployment, and US telcos (T-Mobile, AT&T, Sprint and Verizon) have successively tested and launched VoLTE servicessince 2014.

To delve deeper into OTT communication services, check out our latest market report

Subscribe to our newsletter and keep up to date with events and latest news.

31jan/170

Les groupes audiovisuels européens en train de tourner la page du broadcast et d’affiner leur stratégie OTT

LEBORGNE-Florence_NB

Florence Le Borgne,
Head of the TV & Digital Content Practice, IDATE DigiWorld
Contacter

La création mi-janvier d'une alliance pan-européenne entre trois des acteurs majeurs de la télévision commerciale - ProSiebenSat.1, TF1 et Mediaset -  autour de Studio71, spécialisé dans la vidéo OTT, constitue un signal fort de la nouvelle stratégie des acteurs traditionnels, basée sur les partenariats internationaux et la diversification digitale.

Les chaînes de télévision traditionnelles font face à un paysage totalement nouveau dans lequel la concurrence, les écrans et même les consommateurs ont changé, et où les modèles économiques habituels se trouvent menacés. Elles n’ont désormais plus d’autre choix que de devoir évoluer à leur tour pour résister à cette vague de fond.
Tous les groupes audiovisuels majeurs ont ainsi développé, volontairement ou poussés par la concurrence, une stratégie de positionnement en OTT, incluant généralement une distribution sur Internet, sur les terminaux mobiles ainsi que sur le téléviseur via des terminaux connectés.
Les approches varient cependant selon les acteurs.
•    Tous proposent des services de télévision de rattrapage, intégrant éventuellement la possibilité d’accéder au simulcast des chaînes linéaires.
•    Rares sont ceux qui proposent des services de vidéo à la demande à l’acte, qu’ils s’appuient sur leurs contenus ou sur des catalogues plus larges.
•    Les services par abonnement mensuels apparaissent assez nombreux mais recouvrent des réalités très différentes :
o    services de SVOD généralistes ;
o    services de SVOD thématisés ;
o    versions OTT de chaînes premium ;
o    voire accès payant au simulcast de chaînes linéaires en clair (dont le rattrapage est par ailleurs gratuit).
•    Enfin, quelques-uns développent une stratégie OTT ne reposant pas sur l’exploitation de leurs contenus habituels, mais sur la création de contenus originaux uniquement destinés à une exploitation Internet.

C'est dans ce dernier cadre que s'inscrit l'opération annoncée le 12 janvier 2017 à travers laquelle le Français TF1 et l'Italien Mediaset entrent respectivement  à hauteur de 6.1 % et 5.5 % au capital de Studio 71, filiale de l'Allemand ProSiebenSat.1 créée en 2013, pour un total d'environ 53 millions EUR. Selon le communiqué de Mediaset, cette alliance vise à "créer l'opérateur le plus important d'Europe dans le talent digital en étroite synergie avec la télévision généraliste".
Distribué sur les grandes plateformes de partage vidéo, le contenu édité par Studio71 génère plus de 6 milliards de vidéos vues par mois rien que sur YouTube, à travers plus de 1 200 chaînes et revendique 405 millions d'inscrits dans le monde. Pour TF1, cette nouvelle opération vise à faire du groupe audiovisuel français "un acteur référent en France de la vidéo online sur l'ensemble des plateformes, en développant l'offre de contenus à destination des millennials". Ces derniers deviennent ainsi une cible privilégiée du groupe français puisqu'il avait déjà pris une part majoritaire dans Minute Buzz en décembre 2016, se déployant résolument sur les réseaux sociaux pour cibler un public jeune.

Face à la menace que représentent Netflix ou Amazon dans la vidéo en ligne sur la scène internationale, ce partenariat européen permet aux trois acteurs de la TV commerciale d'aller chercher des revenus nouveaux en-dehors de leur champ d'activité traditionnelle en combinant la force des marques locales et l'audience mondiale de Studio71. Cet accord doit ainsi permettre à TF1 Publicité de renforcer son offre à destination de nouveaux publics et de conforter sa position de "première place du marché de contenus" de France. De même pour Mediaset pour lequel cet accord constitue le premier acte majeur de sa toute récente unité digitale et qui voit notamment dans cette alliance l'opportunité de "maximiser la distribution des contenus TV de Mediaset sur Internet, d'encourager les synergies entre la TV et le web".
summary of proSieben media OTT positionning

Autre mouvement notable, celui du Scandinave Modern Times Group qui a annoncé le 25 janvier la vente de sa participation dans le broadcaster tchèque en clair Prima, afin de financer ses investissements dans la "transformation digitale" du groupe, à commencer par l'augmentation de 21 % à 51 % de sa participation dans InnoGames, société allemande qui développe des jeux en ligne. Selon Jørgen Madsen Lindemann, Président et CEO de MTG, "cela s'inscrit parfaitement dans notre stratégie d'investissement dans des contenus numériques et des communautés pertinents, complémentaires et évolutifs, et le jeu en ligne est le troisième vertical de notre portefeuille MTGx de divertissement vidéo numérique."
Si ces activités de diversification sont encore loin de rivaliser avec les activités traditionnelles de ces grands acteurs européens, la multiplication des mouvements stratégiques vers l'OTT vidéo témoigne bien du fait que les groupes audiovisuels sont en train de tourner la page du broadcast. Leur avenir est désormais indissociable d'une migration vers l'OTT et d'une internationalisation de leur empreinte: pour continuer d'exister localement, ils doivent se penser globalement.

Pour aller plus loin dans la compréhension des stratégies OTT des grands groupes audiovisuels, découvrez notre dernier rapport

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

6jan/170

Que veulent faire AT&T et Verizon en investissant dans les contenus ?

Gassot-Yves

Yves Gassot,
Directeur général, IDATE DigiWorld
Contacter

 

 

Le marché des services télécoms aura connu finalement en 2016, dans les pays occidentaux, une situation assez médiocre : une tendance à la stabilisation en Europe après une chute continu des chiffres d’affaires depuis 2008 sur les principaux marchés, et une tendance globale au recul des revenus du mobile aux Etats-Unis, en rupture avec la dynamique qu’avait su préserver AT&T et Verizon jusqu’en 2015. Dans ce contexte, les opérateurs européens sont naturellement sensibles aux mouvements stratégiques des deux grands leaders US, notamment vis-à-vis de l’industrie des contenus : que veulent faire AT&T et Verizon en investissant dans les contenus ?

Se préserver du bypass par streaming  vidéo en remontant la chaîne de valeur jusqu’à la production. La vidéo étant devenu le principal vecteur du trafic (sur réseaux fixe et mobile), ils ne peuvent se contenter de distribuer des chaînes ou des programmes de tiers, surtout si ces acteurs se lancent dans l’auto-distribution et que la Net Neutralité est respectée. Cette stratégie s’apparente aux mouvements classiques d’intégration verticale.

Derrière cette stratégie finalement plutôt défensive, il peut y avoir une approche plus agressive : jouer totalement la carte OTT en s’affranchissant  de leur footprint (et des Capex associés à un élargissement continu du nombre de homes passed) et en allant chercher la clientèle sur tous les réseaux fixes/mobiles d’accès à l’Internet (et pas seulement celle qui est sur ses pipes). C’est là une vraie diversification puisque la connectivité physique devient secondaire.

Au-delà de ces perspectives, il faut avoir en tête la situation d’AT&T et de Verizon sur leurs marchés. Les deux groupes font face à un ralentissement brutal de leur croissance essentiellement portée par les mobiles depuis 10 ans, tandis qu’ils jouent un rôle secondaire sur le marché résidentiel fixe très largement dominé par le câble. Avec peu de perspectives attrayantes d’investissements à l’international et jusqu’alors (Administration Obama) un antitrust qui leur interdit des opérations de croissance sur le marché mobile domestique, les deux opérateurs, encore très puissants, ont de réelles raisons à s’intéresser aux contenus pour maintenir leurs résultats et les dividendes qu’ils versent aux actionnaires. Mais c’est là que les approches semblent différer.

En schématisant volontairement, un dirigeant de Verizon expliquait récemment qu’AT&T voulait prendre des parts du marché de la TV actuelle tandis que Verizon s’intéressait au marché de la vidéo qui sera porté par les millennials… Autrement dit, plutôt que d’acheter très cher des assets qui risquent d’être dépassés par les nouveaux modes de consommation de la vidéo, Verizon préfère construire patiemment une compétence dans l’économie de la data qui sous-tendra la consommation de vidéo (notamment les revenus en croissance de la publicité programmatique). Ce qui est sûr, c’est que les sommes engagées par AT&T pour l’acquisition de DirecTV et (sous réserve d’un accord de l’Administration Trump) de Time Warner sont infiniment plus élevées que celles avancées par Verizon pour AOL, Huffington, OnCue, plusieurs autres start up (Vessel) et probablement, Yahoo ! Il est difficile aujourd’hui de dire pour autant ce qui est le plus risqué.

Quels liens avec le débat sur la Net Neutralité ?

La future Administration Trump n’a pas caché son hostilité radicale à la Net Neutralité (jusqu’à revoir le classement des ISP dans le Titre II du Telecom Act). A priori cela réjouit les telcos qui sont largement restés hostiles à la réglementation mise en place par l’Administration Obama ; ils peuvent au minimum considérer comme acquis, avec la nouvelle administration, le droit d’offrir des contenus, notamment sur les réseaux wireless, en mode Zero rating à l’instar des offres de T-Mobile (Binge On), de Verizon (Go90) et d’AT&T (DirecTV Now).

Au regard des deux points précédents que pourrait-il se passer avec l’abandon ou l’assouplissement de la Net Neutralité ?

On pourrait estimer que si la Net Neutralité est supprimée, le risque de by-pass par des offres vidéo (chaînes et SVOD) en streaming est relativement sous le contrôle des opérateurs. Est-ce que cela va jusqu’à annihiler leur intérêt pour un investissement dans les contenus ? Pas obligatoirement, les exclusivités peuvent demeurer attractives et donc utiles pour se démarquer de la concurrence. Mais les  gros opérateurs qui peuvent amortir l’acquisition de droits sur des dizaines de millions d’abonnés, peuvent s’engager avec la perspective d’être moins challengés par les groupes de télévision et les géants de l’OTT.

Mais dans le même temps, la suppression de la Net Neutralité peut rendre plus difficile la carte d’une stratégie OTT sur les réseaux des opérateurs tiers…

Enfin n’oublions pas les autres effets possibles de la nouvelle Administration à Washington :

- si l’impôt sur les sociétés baissent (passant de 35% à 20%, voire 15%), le cash flow d’AT&T et Verizon va se trouver gonfler de 5 à plus de 8 milliards USD…

- dans le même temps la rigueur de l’antitrust qui avait interdit successivement les opérations de fusion AT&T/Sprint et Sprint/T-Mobile, devrait très significativement s’adoucir en ouvrant de nouvelles perspectives de M&A ;

- dès lors, la consolidation pourrait mettre un terme à la dégradation des résultats d’AT&T et de Verizon sur le mobile et rendre moins pressant leur repositionnement sur l’industrie des contenus.

On est donc, à l’orée de 2017, devant un jeu de conjectures assez ouvert…

 

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

15déc/160

Future TV 2025 : Qui sera le gagnant ?

BAJON_Jacques

Jacques Bajon,
Directeur de la Business Unit "Media et Contenu Digital", IDATE DigiWorld
Contacter

Le secteur de l'audiovisuel connaît une stagnation relative, probablement durable, qui va engendrer de nombreux défis pour les acteurs de l'écosystème. Si Internet est la cause principale de ces évolutions, c'est un ensemble de faisceaux qui est à l'oeuvre.

 

Dans son rapport « Future TV 2025 », IDATE DigiWorld présente ses scénarios de l’évolution du marché et du paysage stratégique pour les dix prochaines années, A partir d’une analyse de l’évolution de l’environnement marché et de la nouvelle donne concurrentielle :

Evolution environnement marché

Des choix réglementaires structurants : confirmation de la neutralité du Net, rapprochement des obligations des services linéaires et non linéaires, réforme de la territorialité des droits.

Une croissance mondiale hétérogène : les marchés émergents tirent la croissance.

Un rôle croissant de l’IT dans la distribution vidéo avec la "centralisation" par le cloud, la croissance du streaming, le rôle croissant joué par le traitement des données des consommateurs.

Une personnalisation de plus en plus marquée de la consommation vidéo, à la demande et multi-écran ("TV as a service").

La nouvelle donne concurrentielle

Avec un monde Internet de plus en plus présent, les acteurs pure players s’imposent rapidement sur le marché, accentuant le phénomène de désintermédiation des acteurs établis.

Le contenu est plus que jamais roi et sa détention devient cruciale, d’où une concurrence accrue sur le contenu premium exclusif qui fait s’envoler le prix des droits, et l’apparition de nouveaux financeurs de la production originale.

On assiste également à une phase de concentration s’opère sur le marché (horizontale comme verticale), notamment impulsée par la restructuration du marché des opérateurs télécoms et la recherche du contrôle du contenu.

De nouvelles formes de monétisation apparaissent ainsi dans un environnement sous tension baissière, sur le péage avec la bipolarisation entre premium et low-cost ou le rôle des bundles de services, le développement de la publicité programmatique et des modèles freemium.

Le scénario tendanciel : une croissance attendue du marché mondial de 2.4% par an en moyenne d’ici 2025

Le scénario tendanciel est construit sur la poursuite des tendances 2010-2016. Dans ce scénario, les grands déterminants sont stables. La consommation à la demande de services audiovisuels continue de progresser sans déstabiliser le marché du linéaire. Le statu quo réglementaire permet de conserver une approche locale des marchés. Finalement, nous assistons à une montée en puissance progressive des acteurs OTT.

Scénario tendanciel

Ce scénario correspond à une croissance molle du marché mondial, de 2.4% par an en moyenne :

• Une croissante portée avant tout par les pays émergents.

• Des marchés d’Europe de l’Ouest et d'Amérique du Nord qui stagnent.

• Un environnement de marché en pleine évolution

Quatre scénarios envisagés

 schema_future_tv

Trois autres scénarios ont été envisagés, chacun étant favorable à un type d’acteur particulier :

Scénario « Convergence » : Dans le scénario de convergence, les offres bundlées médias-Internet-télécoms sont la règle. Elles permettent d’obtenir de meilleurs tarifs et offrent une panoplie complète de services TV linéaires et à la demande, ainsi que des offres de musique ou de jeux. La consommation multi-écran, fixe et mobile, est favorisée par un (ou un ensemble) d’opérateurs assurant une connectivité permanente de l’offre de services.

Scénario « Rupture » : La personnalisation de la consommation vidéo est devenue la règle dans le scénario de rupture, avec des goûts des consommateurs plus homogènes au niveau mondial. Les barrières à la distribution de contenus au niveau mondial sont tombées, ainsi que les règles de contenu local. Des acteurs mondiaux maîtrisant les droits sur les contenus ont pu apparaître. Les acteurs leader d’Internet (e-commerce, plateformes virales ou réseaux sociaux) prennent un rôle central, avec un mélange de contenus premium et UGC professionnalisés. Le marché en valeur est sous tension au sein d’un secteur vidéo OTT oligopolistique au niveau mondial.

Scénario « Syndication » : Le scénario de syndication est le plus coopératif et le plus favorable au monde TV. De même que les stations de télévision locales sont, aux États-Unis, affiliées aux "networks" nationaux, les groupes de télévision pourraient s’affilier en/à des grands "opérateurs de divertissement" nationaux et régionaux, s’appuyant sur le tronc commun de contenus qu’ils fournissent, et apportant en contrepartie l’expertise marché, la relation aux annonceurs nationaux, la programmation locale, leurs marques et leurs clients. Cette transformation s’opère dans l’univers broadcast comme OTT.

Pour découvrir nos estimations et les nouveaux scénarios TV, découvrez notre dernier rapport

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

15déc/160

The Changing Landscape of Advertising, interview with Tim SCHUMACHER

tim_schumacher

"The Changing Landscape of Advertising : from traditional to digital"
DigiWorld Economic Journal n°104

Interview with Tim SCHUMACHER
Chairman & Co-Founder, Eyeo GmbH

Conducted by Florence LE BORGNE - BACHSCHMIDT, IDATE DigiWorld

DW Economic Journal: Eyeo GmbH is the owner and operator of "Adblock Plus", the leading open source software which allows users to block or filter the ads they accept to see, with more than 500 million downloads since 2006. Beyond that, Eyeo aims at making the Internet better for all parties, by encouraging true innovation and non-intrusive ad standards and a better user experience. Could you provide an overview on Eyeo's project?

Tim SCHUMACHER: Eyeo's mission is to empower users for a free web. To do that we offer a wide range of products and services that keep the power with the user and create fair compensation for content creators. For instance, as part of Adblock Plus, we offer Acceptable Ads[1], which is our compromise to better, more user-friendly ads. We help advertisers and publishers to integrate Acceptable Ads into their websites. In September we launched a new way for medium-sized publishers to whitelist ads more efficiently.

We are also working on an independent Acceptable Ads committee[2] which is planned to be in office early 2017. The committee is going to consist of representatives from different interest groups within online advertising, such as members of the ads industry, nonprofit and consumer groups, and also thought leaders. By making Acceptable Ads independent, we have already been able to spread our vision of granular, nuanced ad blocking to other ad blockers who have adopted it.

We are also going to launch a stable version Flattr Plus[3] shortly which is at the moment in beta test. Flattr Plus is a service through which users can easily reward the content they like. We believe that some users are eager to pay a small amount to support their favourite websites, articles or videos.

The joint vision of our projects is to empower users' rights, while protecting and improving the ability to make money for content creators.

 

The great paradox of online advertising is that without Internet ads, there is barely any free online content. To what extent do you feel that the general mass understands this paradox, and what is your stance on spreading this knowledge to the users?

Most users agree on the fact that pop-ups, autoplay videos and blinking banners are intrusive. So what can advertisers do to make their ads acceptable for users? Adblock Plus started as a hobby project in 2006 that blocked all ads, but as downloads skyrocketed Adblock Plus wanted to create a more sustainable approach. In 2011 we developed the Acceptable Ads initiative, a novel approach that empowers users while keeping the Internet free. We established Acceptable Ads because we don't believe complete ad blocking is the right way. The web needs advertising, and the purpose of the initiative is to find advertising formats that even ad-blocking users will accept.

In the course of our research we asked thousands of users, we talked to advertisers and created the Acceptable Ads criteria[4], which users can either activate or deactivate in their extension. Most users actually don't deactivate Acceptable Ads, because they are aware of the fact that advertisements on the web keep their content free.

 

At a period when the use of big data is key for understanding the consumer, Eyeo also proposes tools enabling users to decide which company they share data with. Various surveys suggest that users (especially the younger generation) are willing to accept some advertising (and thus share their data) in exchange for online contents, as long as these ads are not intrusive and/or annoying. Does the analysis of your software tools users back up such survey suggestions?

We do not collect our users' data, thus we don't have any behavioural data of our users.

We have done a lot of research though, for example a big research with HubSpot[5]. There we found out that 83% of users agree it's just the obnoxious ads they want to avoid, 77% want to filter rather than block.

 

In September 2016 you announced the Acceptable Ads Platform, which in a nutshell shows users advertising which has been "deemed acceptable", irrespective of installation of Adblock Plus. How do you manage to convince websites' publishers, ad networks and advertisers to join this platform? What guarantee do they have that they will not lose ad revenue or that their ads will actually be seen by users?

The Acceptable Ads platform[6] is for publishers and website owners to easily integrate Acceptable Ads into their pages with just a single tag. Users that have activated Acceptable Ads in their extension will then see these ads. Please note that all other users see the ads the website owner initially integrated, and that this is merely a technically easier way to join the Acceptable Ads initiative – under which the exact same criteria still apply. We have talked to many publishers and advertisers and most are on the user's side, willing to make better ads. As the whole procedure is scalable publishers can only gain revenue with our solution.

In fact, in just 24 hours over 1,000 publishers signed up for it, so we are eager to start beta-testing this new implementation of the pre-existing Acceptable Ads initiative.

 

Staying on the subject of acceptable ads, what is "acceptable" will likely be different from user to user. How then, can advertisers provide better user experience and higher revenue for publishers? Will the next step be to pay users for accepting to share their data or to see ads?

I don't think users will have to start sharing their data. The next step in finding what "acceptable" is for more people and improving the entire programme in Acceptable Ads Committee. This committee will determine what is acceptable and what is not at the end of this year, and several user groups (nonprofit groups, academics, user agents) will sit on it. So I think we've got that covered.

Otherwise, what we've found is that most users are willing to accept ads which make use of certain criteria, like those we deemed acceptable. These criteria[7] rely on size, placement and labelling regulations.

Apart from these criteria we believe that ads have to be respectable and well integrated into the content. Publishers do not have to collect user data in order to accomplish this task. The key is to make ads that add value for the user.

 

Over the past few years, uptake of ad blocking on the mobile seems to have grown sharply (as opposed to the fixed). Could you shed any light on why the mobile has suddenly become the mainstream for ad blocking?

I would not call mobile ad blocking mainstream just yet, but it's gaining popularity. The main reason for the increasing popularity is for example intrusiveness of ads, which is especially annoying on the smaller display of mobile devices. Other reasons are saving data; reducing page load speeds; privacy and security. While recent reports claim there are massive numbers of mobile ad-blocking users in Asia, putting the grand total at 419 million worldwide (!) North American and European users do not block ads on their phones in significant numbers. I think this will change in 2017 as people discover ad blocking browsers on their phones and tablets.

 

In the "big picture" of digital advertising, the giants Google and Facebook dominate the market. How much of an influence do these players have on ad blocking, and what expectations do you have on them going forwards?

Historically, both Google and Facebook have actually been very thoughtful and careful about user experience, one of the key factors which made them strong. Google's founder Larry PAGE for example just recently said as part of an analyst call "Part of it is the industry needs to do better at producing ads that are less annoying and that are quicker to load, and all those things. And I think we need to do a better job of that as an industry.", and we fully agree.

Facebook on the other hand has made some recent strange moves when it announced that it would start trying to circumvent users[8] with ad-blocking software and show them ads. This is an unfortunate move, because it takes a dark path against user choice. But it's also no reason to overreact: cat-and-mouse games in tech have been around as long as spammers have tried to circumvent spam filters. In the long run, we have some trust in Facebook to at some point put the user first again, and stop behaviours like that.

 

More generally, how do you see the future prospects of digital advertising? Eyeo is fighting against annoying and low quality ads, but do you have the impression that the weight of ad blockers now pushes the ad agencies to be really more innovative? Have you identified any interesting, catchy new formats?

Absolutely! All the recent initiatives, for example IAB's "LEAN Ads" initiative or the "Coalition for Better Ads" which just recently formed at DMEXCO conference and includes many of the best and biggest advertisers and publishers in the world. None of this would have happened if users hadn't ‘voted with their mice' and told corporations that they were fed up with annoying advertising online. So as much as we're proud of helping with this, we really have to thank our users.

 

Tim SCHUMACHER co-founded and was the longtime CEO of the publicly traded company Sedo AG (sedo.com), which currently has revenues of 130m Euros per year and maintains approximately 350 employees. Since 2012 he has dedicated his professional career to the German start-up scene, acting both as business angel and mentor for young companies with economic potential. His current start-ups, among others, are Eyeo/Adblock Plus, Aklamio, Stuffle and Ecosia.


[1] https://adblockplus.org/acceptable-ads

[2] https://acceptableads.com/en/committee/apply

[3] https://flattrplus.com/

[4] https://adblockplus.org/acceptable-ads

[5] https://adblockplus.org/blog/how-to-resolve-the-ad-blocking-dilemma-new-research-from-hubspot

[6] https://acceptableads.com/

[7] https://adblockplus.org/acceptable-ads

[8] https://adblockplus.org/blog/oh-well-looks-like-facebook-just-got-all-anti-user

15déc/160

Marché des télécoms en Europe : « Zero rating »

Gassot-Yves

Yves Gassot,
Directeur général, IDATE DigiWorld
Contact

Ce serait la première fois depuis 2008 que ce marché ne serait plus en déclin.

 

Le marché des services de télécommunications en Europe semble, d’après le récent rapport ETNO-IDATE, se stabiliser (EU-28), voire retrouver une très légère croissance (Europe élargie) sous réserve des résultats du dernier trimestre.  Tandis que, pendant cette dernière décennie, la dynamique nord-américaine contrastait avec le recul de l'Europe, la situation s’est inversée avec un marché outre-Atlantique très proche de 0 en combinant le recul de près de 1 % des mobiles sur les trois premiers trimestres et le maintien d’une légère croissance sur le fixe, portée par les câblo-opérateurs.

Croissance annuelle des revenus des services télécoms (ETNO, % )

schema_world_telecom_services_1

Dans cette situation assez médiocre sur les marchés occidentaux, malgré un remarquable succès auprès des clients de la 4G, la monétisation de l’accès mobile paraît osciller entre deux grandes options.

- Après un premier temps marqué par des offres illimitées, les opérateurs (arguant des risques de congestion) se sont orientés vers la fourniture de plusieurs niveaux d’abonnements selon la consommation de données. La pratique courante a été d’inciter les consommateurs de plus en plus actifs sur leur smartphone ou tablette à choisir un cap supérieur tout en faisant baisser le prix du Go. L’âpreté de la concurrence rend toutefois difficile cette approche pour échapper à une tendance déflationniste, notamment sur les marchés où les paramètres de différenciation de qualité ne paraissent pas jouer un rôle déterminant.

- Dès lors, on a vu les opérateurs se tourner vers la fourniture de services de contenu, notamment en zero rating, soit au titre d’accords avec des fournisseurs tiers (Vodafone, T-Mobile), soit avec leurs propres contenus (AT&T, Verizon) . C’est un élément de différenciation qui peut distinguer l’opérateur de ses pairs, pour autant que les contenus soient attractifs.

Mais certains voient là des occasions de relancer le débat sur la neutralité du Net. Où est le problème ? C’est bien sûr un avantage pour le consommateur. Mais les opposants au Zero rating raisonnent ainsi. Si le fournisseur du service a payé l’opérateur, on peut anticiper un risque de détérioration de la diversité et de l’innovation du secteur des applications au profit des plus gros acteurs, à même de financer leur accès au marché. Si le fournisseur de service appartient à l’opérateur (ou est contrôlé par lui), on identifie une discrimination si seul ce service bénéficie de ces conditions. Le problème est qu’il y a débat pour savoir si ces deux anticipations sont fondées, nécessitent une régulation ex ante particulière, et si surtout elles entrent dans le cadre de la neutralité du Net. L’administration indienne a interdit à Facebook de proposer un ensemble d’applications de base (dont son réseau social) gratuitement aux abonnés des opérateurs mobiles du pays. Le président Wheeler, pourtant à l’origine de l’'Open Internet Order' (qui a été jusqu’à reclasser les FAI dans le régime des common carriers du Titre II du 'Telecom Act') a été jusqu’alors très prudent sur le zero rating,  en considérant qu’il fallait prendre le temps d’observer le phénomène. Certes, la nouvelle administration américaine va modifier la FCC et tout le monde s’attend à ce que le 'Open Internet Order' soit remis en cause.

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

14déc/160

Telcos’ Customer Experience Management: La révolution des données et des innovations technologiques

lubrano

Sophie Lubrano,
Directrice d'Etude, "Strategies Telecom" Business Unit, IDATE DigiWorld
Contact

L’expérience client relève tout d’abord de ses usages du réseau et de leur qualité perçue, mais également de ses interactions avec les différents services de l’entreprise (commercial, assistance, administratif) quel que soit le canal de communication client.

On parle de CEM, Customer Experience Management, pour désigner les programmes mis en place afin d’améliorer l’expérience

schema_telcos_customer_1

Un chantier complexe mais indispensable

Dans un contexte de saturation de marché, la prise en compte de l’expérience client devient essentielle pour les opérateurs afin de fidéliser leurs abonnés. Cependant, les opérateurs télécoms sont en retard par rapport aux autres secteurs, et notamment par rapport aux acteurs OTT.

Un CEM élaboré s’appuie sur la centralisation de toutes les informations des clients : données d’abonnement, historique des contacts avec l’opérateur, mais également usage des réseaux, géolocalisation, et aussi commentaires sur les forums. Ce chantier considérable est loin d’être mis en place chez les opérateurs télécoms, qui arrivent parfois difficilement à concilier leurs bases d’abonnés fixes et mobiles (Verizon étant typiquement un cas de fonctionnement en silo pour le fixe et le mobile, avec deux entités clairement séparées).

L’expérience client implique également un changement culturel dans l’entreprise, où chaque employé doit être au service du client, ce qui implique un chantier managérial conséquent. L’implication de la direction générale y est essentielle.

L’expérience client intègre des technologies de plus en plus pointues

La digitalisation des canaux de communication monte en puissance, y compris dans les boutiques (bornes interactives, fonctions click & collect) et les centres d’appel (communication via messagerie ou chat pour les agents).

Afin de minimiser les coûts, les opérateurs mettent en place des solutions automatisées de plus en plus intelligentes : agents virtuels basés sur l’intelligence artificielle pour les sites Web, serveurs vocaux interactifs avec reconnaissance vocale dans les centres d'appel. Les opérateurs peuvent puiser dans les outils technologiques développés par les géants de l’Internet : data analytics, predictive analytics, profiling, event processing, authentification biométrique mais également intelligence artificielle, chatbots, machine learning, et même blockchain.

Mais le paramètre humain reste indispensable et différentiant

Les sites Web proposent des possibilités de chat, et les réseaux sociaux sont en développement. Les forums utilisateurs proposent une solution intermédiaire idéale, à la fois humaine et peu coûteuse.

Face à la concurrence des opérateurs low-cost, les grands opérateurs font monter en gamme leurs boutiques dans une logique d’expérience client, afin de fidéliser et d’élargir la gamme des services souscrits, en particulier les objets connectés.

Les chantiers d’innovation : réseaux sociaux, mobile et offres personnalisées

Les réseaux sociaux représentent également un nouveau moyen de communiquer entre l’opérateur et l’abonné. Ils constituent également une mine d’information à exploiter afin d’ajuster au mieux les messages et les offres à chaque client.

S’il est clair pour les opérateurs que le mobile représente un lien essentiel entre l’opérateur et l’abonné, les applications mises en place par les opérateurs rencontrent un succès mitigé. Le mobile constitue un chantier d’innovation considérable pour les opérateurs, qui peuvent mixer les données d’usage et la géolocalisation pour proposer des offres personnalisées et contextuelles, et même se positionner comme tiers de confiance.

L’enjeu déterminant du CEM consiste à intégrer les données issues des différentes interactions du client avec l’opérateur et avec ses réseaux sociaux. Leur analyse grâce aux outils d’analytics permettra aux opérateurs d’adresser les clients avec des offres personnalisées, répondant et anticipant leurs besoins, tout en déchargeant les canaux de communication traditionnels (et plus coûteux). En particulier, la mise au point d’offres contextuelles selon l’usage (par exemple l’offre de Vodafone s’adressant aux abonnés faisant du ski à l’étranger) représente un sentier de croissance encore peu exploité.

Ce processus pourra également être mis au service d’autres objectifs : l’optimisation des déploiements des réseaux à partir d’une analyse fine des usages des réseaux ; la valorisation des données d’expérience client – intégrant notamment la géolocalisation –, qui pourront être revendues à des tiers.

Pour aller plus loin à propos du Management de l’expérience client , découvrez notre dernier rapport

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter