24mai/160

Video On Demand : Les principaux marchés européens à l’heure de l’internationalisation de Netflix

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Florence Le Borgne
Head of the TV & Digital Content Practice, IDATE DigiWorld

En règle générale, l’arrivée de Netflix sur un nouveau marché s’est traduite par une croissance des coûts de programmes pour ses concurrents.

 

Au vu de l’exemple nord-américain, cette tendance devrait se poursuivre et s’amplifier dans les prochaines années, ce qui va poser la question de la rentabilité de ces investissements.

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Typologie de services

On distingue généralement trois types de services de vidéo à la demande payants :

des services de vidéo à la demande à l'acte qui regroupent :

l’EST (electronic sell-through), également appelé commerce électronique de copies numériques ou vidéo à la demande à l'achat, est une transposition à l'univers immatériel de l'activité de vente de vidéogrammes ;

la VOD locative qui est une transposition à l'univers immatériel de l'activité de location de vidéogrammes ;

des services de SVOD, qui reposent sur le modèle de tarification dominant dans l'univers de la télévision linaire payante : l'abonnement.

Il arrive couramment qu'un même service propose plusieurs modes de tarification.

Modèles économiques et positionnement d'offre

Le modèle de la vidéo à la demande à l'acte est basé sur un partage des revenus entre l'éditeur de services et les ayants droit. Les contrats les unissant ne sont que très rarement exclusifs. Les catalogues des services à l'acte comprennent généralement un très grand nombre de références (de 10 000 à plusieurs centaine de milliers). Même si la plupart des offres de VOD à l'acte sont généralistes, la consommation se concentre sur les films de cinéma.

Le modèle économique de la SVOD est comparable à celui de la télévision à péage. Les droits des contenus sont achetés à prix fixe, indépendamment de la consommation effective. Ils peuvent être exclusifs pour une période et un territoire donnés. Dans un premier temps, les catalogues de SVOD ont pris la forme d'offres d'abondance, incluant une forte proportion de titres de plus de cinq ans et non exclusifs. Même si la plupart des offres de SVOD sont généralistes, ce sont les séries qui sont les contenus les plus mis en avant et les plus consommés. De plus en plus, les critères de récence et de l'exclusivité des contenus distribués deviennent déterminants. Aujourd'hui, deux approches marketing s'opposent : des stratégies basées sur le rapport volume/coûts et des stratégies de différenciation basées sur un positionnement premium ou thématiques.

Environnement concurrentiel

Le secteur de la VOD dans son ensemble est en croissance forte en Europe, portée par le développement important du nombre de services dans la plupart des pays. Entre février 2012 et décembre 2015, le nombre de services disponibles dans l'Union européenne a été multiplié en moyenne par 5.7.

Si le marché en valeur demeure dominé par la location de vidéo à l’acte en Europe (56.5% du marché total de la vidéo à la demande), ce segment de marché est celui qui progresse le moins rapidement depuis cinq ans (+215% en moyenne dans les pays de l’Union européenne entre 2010 et 2015). Les revenus générés par les services par abonnement connaissent une expansion plus forte, avec un taux de croissance de 1 824% sur cette même période. Ils ont généré près du tiers des revenus de la vidéo à la demande au niveau européen en 2015, alors qu’ils n'en représentaient que 7.6% en 2010.

Fréquemment, le véritable démarrage du marché de la SVOD dans un pays s’observe à partir du lancement de Netflix dans le pays en question. Il convient néanmoins de préciser que Netflix est le plus souvent le principal bénéficiaire de la croissance rapide des abonnements qu'il induit. L’arrivée du géant nord-américain s’accompagne néanmoins d’une réaction des principaux acteurs de la télévision à péage ou en clair. C’est la conjonction de l’ensemble de ces éléments qui contribue à une meilleure connaissance de la part du public de ce type de services et qui facilite leur adoption.

Les facteurs de croissance

Le développement des services de vidéo à la demande rencontre des succès extrêmement différents suivant le marché. Des facteurs endogènes interviennent :

la propension des consommateurs locaux à payer pour accéder à des contenus ;

le différentiel de prix avec les offres locales de Pay-TV ;

le niveau de piratage des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques ;

l’existence d’une offre de contenus attractifs à bas coûts voire gratuits (services linéaires et à la demande inclus) ;

...

En savoir plus sur les facteurs endogènes

Des problématiques propres à la structure des offres à la demande et aux stratégies d'acteurs entrent également en jeux :

la pertinence des positionnements marketing des offres distribués ;

l’existence de partenariats avec des distributeurs disposant d’une base d’abonnés/équipés ;

l'efficacité des systèmes de recommandation qui contribuent à une utilisation plus intensive du service et à une meilleure satisfaction de l’utilisateur ;

...

Obtenir plus d'informations sur les différentes problématiques

La question de l’équilibre économique des services à l’acte se pose de façon moins critique que dans le cas des services par abonnement. En effet, l’essentiel des coûts des services à l’acte étant des coûts variables, proportionnels à la consommation, ces services ne coûtent cher à produire que quand ils sont effectivement consommés.

Il n’y a ainsi pas de véritables freins à la création de nouveaux services, les coûts d’entrée sur le marché restant faibles. Ceci explique l’abondance de services existants et la grande diversité des acteurs sur ce créneau.

L’économie des services de SVOD apparaît plus délicate : en plus des coûts techniques et marketing, les coûts d’acquisition des contenus peuvent être vus comme des coûts fixes, le contenu étant acheté à un montant fixe, indépendant de la consommation qui est faite de l’oeuvre. À cela peuvent également s’ajouter les coûts liés au développement ou à l’acquisition d’un outil de recommandation. Les services par abonnement doivent donc faire face à des coûts élevés avant même d’avoir commencé à recruter des abonnés.

Si l’industrie européenne n’arrive pas à créer à son tour des champions européens en mesure de rivaliser face aux géants nord-américains, la rationalisation du marché risque de passer par la disparition de nombreux acteurs européens.

Pour découvrir nos estimations et le marché de la VOD et l'avenir de la télévision à 2025, découvrez notre dernier rapport et participez à DigiWorld Future 2016

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24mai/160

Marché mondial des services et acteurs télécoms : Les accès mobiles plébiscités

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Didier Pouillot
Directeur de la Business Unit Stratégie des Télécoms, IDATE DigiWorld

Selon l'IDATE, le nombre de clients mobiles dans le monde pourrait dépasser les 8 milliards dès la fin 2018 (+16% par rapport à fin 2014) et croître encore de 200 millions l’année suivante (+14% entre fin 2015 et fin 2019).

 

Avec une pénétration mondiale supérieure à 100% en 2014, la croissance des abonnés devrait ralentir progressivement dans les prochaines années. Le nombre d’accès à l’Internet fixe croît également à peu près au même rythme, mais le parc est 8 fois inférieur au parc mobile. Le milliard d’accès ne sera pas atteint avant 2020. Quant aux lignes fixes traditionnelles, elle cèdent de plus en plus de terrain face à la VoIP et au mobile.

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La progression du haut débit

Le nombre d’abonnés au haut débit fixe devrait dépasser les 900 millions à fin 2019 (919 millions) au niveau mondial. Le nombre d’abonnés mobiles LTE devrait connaître une très forte progression, les services basés sur l’agrégation de porteuses ne restant pas limités au pays les plus avancés.
Trois facteurs majeurs joueront en faveur de cette progression du haut débit :

Le succès des offres bundlées (accès Internet, téléphonie fixe, TV, téléphonie mobile) et l’appétence pour les applications vidéo.

L'investissement des opérateurs télécoms pour la migration de leurs infrastructures vers le haut débit mobile ou fixe.

Le confort procuré par le très haut débit mobile et les nouveaux usages qu’il permet.

Les revenus des services télécoms

les revenus mondiaux des services télécoms vont passer de 1 111 milliards EUR en 2015 à 1 196 milliards EUR en 2019, soit une progression annuelle moyenne de 1.8%.

Les revenus des services mobiles progresseront de 8% entre 2015 et 2019 (+1.9% par an en moyenne), pour atteindre 729 milliards EUR en 2019.

Les revenus associés à la transmission de données et à Internet progresseront plus fortement (+18% entre 2015 et 2019, soit +4.3% par an en moyenne), pour atteindre 319 milliards EUR en 2019.

Le chiffre d’affaires de la téléphonie fixe continuera de décliner sensiblement (-11% entre 2015 et 2019, soit un recul de 3% par an en moyenne), pour s’établir à 147 milliards EUR en 2019.

Des performances nuancées chez les opérateurs des pays émergents

Les grands opérateurs des pays émergents ont connu en 2014 un ralentissement brutal de leur croissance en valeur, à l’exception notable d’América Móvil. Les trois opérateurs chinois en particulier n’ont quasiment pas progressé (China Unicom a même enregistré un recul de 3.5% de son chiffre d’affaires). Les marges se rapprochent des « standards » du secteur (entre 30 et 40% de marge EBITDA).
Plusieurs de ces opérateurs sont largement engagés dans des stratégies d’expansion internationale, en Afrique, en Amérique latine mais aussi vers les marchés avancés, d’Europe notamment.

Les opérateurs européens toujours à la peine

Les opérateurs européens continuent de souffrir. Presque tous, en dehors de Deutsche Telekom et de Telenor, ont vu leurs revenus reculer à nouveau en 2014. Les effets des investissements dans le réseau LTE et dans les réseaux THD fixe (FTTx) n’ont pas encore permis d’infléchir la baisse des ARPU.

 

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24mai/160

Telco’s Connected Objects Strategies : how to compete with OTT players

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Samuel Ropert
Director of Studies, IDATE DigiWorld

The connected object market today shows a real complementarity between the major players in terms of their current positionings, aligned with their core business.

In the longer term, however, IDATE DigiWorld anticipates that competition will grow in ferocity, around the platforms and services which are set to be the next source of revenues.

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The automotive market

Around the connected car business, is key for Internet giants and telcos. Competition today is, in the main, on the platform side as both telcos and Internet giants are aiming to position themselves here today. Indeed, it is the platform that is the cornerstone of the next connected car strategy. Looking further ahead, the main competitors will most likely be OTT service providers, as they will offer services by exploiting the data generated by sensors in the vehicle – Uber-like companies are one example. Some industry incumbents are already engaged in the battle: earlier in 2016, GM invested half a billion USD in Lyft, the main competitor to Uber. The major involved players are AT&T and Verizon on the side of the telcos and Google (and Apple to a lesser extent) for Internet players.

The wellness market

This market is very recent. Telcos are absent from its value chain, with the exception of very limited volumes of cellular objects. They only focus on the distribution side, where the reselling business can grab them a sale commission on wearable objects, linked to smartphones. OTT Internet players are eying this promising consumer market for the opportunities it will offer in the near future to manipulate and monetise masses of personal data.

The healthcare market :

A specific market for a long time, its very promising market has been in the growing numbers of potential ‘clients’ as their age increases. The key objectives of healthcare applications are to optimise the treatment of disease and to save costs for national healthcare services. Even though solutions will be provided in partnership with experts, both telcos and Internet players will be push platforms and services.

The smart home market

It will be the arena for immense competition in the next few years. It is considered as a growth area for fixed telcos which are already facing competition from cablecos. On the side of the OTT Internet player, smart home applications are seen as a complementary way to follow their consumers/audience, even though they have different approaches. Competition – again, it will be heavy – will on the platform and services side as all players will be wanting to manage the data.

Today, the industrial Internet market is considered as an extension of the Industrial M2M business for telcos. The Internet giants are notable by their absence, even though some could provide cloud-based tool: Google, and Amazon with its specific IoT AWS offering, are prime examples. Analogous with traditional online services, the main threat for telcos is that they yet again become the pipe, and only the pipe. They have, however, anticipated the connectivity commodity trend by offering data platform solutions and related services. The ARPU from connectivity is very limited and the telcos expect only a small share of connected devices will be equipped with a SIM card. Before services, telcos have backed their core business, by setting their eyes on LPWA technologies (SIGFOX or LoRa) or collaborating on LPWA-like cellular ones such as the NB-IoT ahead. They are also backing the next 5G technologies, which aim to empower various verticals, including healthcare, manufacturing, smart cities and the automotive. It will be a tough battle, given that Internet giants are global by definition. Moreover, compared with traditional Web services, the main difference is that Internet giants manufacture their own objects, providing almost an end-to-end solution of product, platform and services on top. Faced with this kind of solution, traditional players in the industry will also suffer from the invasive nature of the OTT Internet players and their fierce competition.

Find out more information on "Telco's Connected Objects Strategies" in our dedicated market report

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24mai/160

Faut-il parier sur la fin des opérations de consolidation du secteur télécom en Europe ?

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Yves Gassot
CEO, IDATE DigiWorld

 

Depuis quelques années, l’idée, ancrée avec de solides arguments dans un paysage télécom européen maussade, était que la consolidation représentait un point de passage obligé pour mettre fin aux guerres de prix sans limite et difficilement compatibles avec les investissements considérables requis par le très haut débit fixe et mobile.

D’où la perspective largement admise, après les opérations menées en Autriche, en Irlande et surtout en Allemagne, de voir se généraliser un modèle de concurrence dans les mobiles passant de quatre à trois opérateurs. Dans le sillage des opérations précitées, on avait ainsi l’annonce d’un projet en France, certes complexe et qui n’a pu se concrétiser avant même d’être soumis au conseil de la concurrence, ainsi que des opérations d’acquisitions et de fusions au Royaume-Uni (achat d’O2-Telefónica par CK Hutchison) et en Italie (joint-venture entre Wind, contrôlé par Vimpelcom, et Tre Italia, propriété de Hutchison).

Le refus de l’acquisition d’O2 par CK Hutchison

Sans surprise, compte tenu des signaux négatifs répétés des autorités britanniques de la concurrence (CMA) et de la régulation des télécoms (Ofcom), la DG Competition de la Commission européenne a finalement repoussé la vente d’O2.

Telefónica va donc devoir prendre d’autres initiatives pour rester sur son plan de désendettement. Et CK Hutchison va se retrouver dans une situation particulièrement fragile au Royaume-Uni, avec un opérateur modeste qui reste distancé par ses pairs. Le maintien en l’état n’est pas certain car la situation peut générer d’autres candidatures. Il y a les absents du marché britannique, suffisamment téméraires ou sûrs d’eux (on a mentionné depuis plusieurs mois l’intérêt d’Iliad) pour penser pouvoir s’imposer malgré la faiblesse des marges des opérateurs britanniques. Plus vraisemblablement, on pourrait voir émerger à court ou moyen terme la candidature d’un des opérateurs fixes tel que Sky (N°2 du marché haut débit et N° 1 de la Pay-TV), Virgin Media (N°2 ex aequo, contrôlé par Liberty Global), ou encore TalkTalk (N°4) qui tous se sont trouvés largement désarçonnés par le nouveau poids lourd que constitue le N° 1 du mobile (EE), désormais intégré au N° 1 des marchés fixes (BT).

Quand la consolidation rime avec convergence fixe-mobile

Car, en l’espace de deux ou trois ans en Europe, la réduction de quatre à trois opérateurs mobiles n’est plus la seule ni même la principale option de consolidation du secteur. Il faut imaginer le réseau mobile du futur comme un réseau essentiellement fixe avec des terminaisons sans fil sur les derniers 100 mètres pour desservir des microcellules. Dans cette perspective, en l’absence d’une infrastructure fixe relativement dense, les coûts du backhauling des opérateurs mobiles peuvent exploser. On peut se souvenir que Vodafone, alors pure mobile player, fut le premier à lancer le mouvement avec les acquisitions successives de Kabel Deutschland et Ono. Mais les synergies d’une consolidation basée sur la convergence fixe-mobile ne se limitent pas aux anticipations d’une intégration des infrastructures. Il faut en outre prendre en compte les synergies de cross-selling d’un opérateur convergent, dans l’usage des fichiers clients, dans l’amortissement de ses boutiques et de la charge de la marque, voire les investissements dans les plateformes et les contenus vidéo, et finalement le taux de fidélisation des abonnés quadruple play. Nous l’avons vu en France quand Iliad s’est lancé dans les mobiles. Les acquisitions de l’opérateur mobile Base en Belgique par Telenet, de SFR par Numericable, d’Ono par Vodafone en Espagne, ou la joint-venture récente de l’opérateur mobile néerlandais de Vodafone avec Ziggo, sont quelques exemples de cette consolidation qui rime avec convergence fixe-mobile.

On remarquera qu’un avantage supplémentaire réside, nous semble-t-il, dans la relative bienveillance des autorités de la concurrence qui continuent de distinguer le marché pertinent du fixe avec le marché pertinent du mobile, considérant que la substituabilité est aujourd’hui largement imparfaite. Toutefois, la consolidation nationale fixe-mobile a ses limites : à l’heure du très haut débit (quand on quitte le marché de l’ADSL), la principale alternative à l’opérateur fixe intégré réside pour une large part dans le câblo-opérateur (le secteur est très souvent consolidé au niveau national). Sans négliger totalement les opérateurs alternatifs de fibre essentiellement limités aux plus grandes agglomérations, ou les opérateurs fixes DSL dépendants de la réglementation, les combinaisons sont donc assez réduites pour donner aux quatre ou même trois opérateurs mobiles d’un marché le statut d’opérateurs intégrés fixe-mobile.

L’attitude vis-à-vis du projet Wind-3 pourrait nous renseigner sur une réelle inflexion de la DG Competition

Un refus en Italie venant après le refus au Royaume-Uni, qui lui-même intervient après l’échec au Danemark du rapprochement des filiales de Telia et de Telenor, serait perçu comme une inflexion préoccupante de la politique de la Commission et peut-être la fin de la séquence de consolidation du secteur en Europe.

Il faut toutefois rester prudent. Les situations de chaque opération peuvent modifier à juste titre le regard des autorités antitrust nationales ou de la Commission. Sans nous livrer à un pronostic sur les conclusions d’une décision finale qui ne devrait pas intervenir avant le mois d’août, plusieurs facteurs distinguent les situations britanniques et italiennes :

Le nouvel O2 serait devenu au Royaume-Uni clairement le N° 1 du marché, devant EE et distançant largement Vodafone. En Italie, l’ensemble Tre Italia-Wind pourrait rester légèrement derrière Telecom Italia et surtout à peine plus important que Vodafone. On ajoutera un indicateur complémentaire : le retard significatif de Wind par rapport à ses concurrents Telecom Italia et Vodafone dans la couverture de l’Italie en 4G.

L’opération était compliquée au Royaume-Uni par l’existence d’accords préexistants de partage des infrastructures entre Three et EE d’une part, O2 et Vodafone d’autre part.

Les autorités britanniques avaient très explicitement marqué leur opposition à l’opération Three-O2, tandis que les autorités italiennes sont restées discrètes ; le contexte du prochain vote sur le « Brexit » a pu aussi convaincre la Commission de rester alignée sur les positions des autorités britanniques (CMA, Ofcom).

Vers des remèdes « structurels » ?

On ajoutera que, dans certains cas, la condition d’acceptation par la DG Competition d’une opération de fusion-acquisition s’accompagne de l’acceptation par les parties d’un remède "structurel". Il faut entendre par là un remède qui repose sur la vente de fréquences et, le cas échéant, d’une partie des infrastructures tels que les points hauts ("tours"), pour rendre possible la création d’un nouvel opérateur, afin de garder ce chiffre "magique" de quatre opérateurs… On pourrait ainsi imaginer – ce n’est certes par leur première option – que le nouvel ensemble créé par Wind et Tre en Italie devrait avoir suffisamment de spectre (et peu d’opposition à une mutualisation des tours) pour répondre positivement à un remède structurel imposé par la Commission. Et l’on peut poursuivre dans la spéculation en imaginant un acteur fixe (et MVNO), tel Fastweb (il n’y a pas de câble en Italie), susceptible d’être intéressé pour devenir MNO sous réserve que son propriétaire, Swisscom, en accepte les risques… Cette analyse fiction est simplement là pour souligner que, comme au Royaume-Uni, l’échec d’une consolidation mobile peut déboucher sur des opérations de convergence fixe-mobile.

Faudra-t-il in fine compter sur des opérations transfrontières ?

Dans tous les cas, le refus des opérations par les autorités peut difficilement geler dans la durée une structure de marché insoutenable. Si la concentration sur un marché national éveille légitimement des interrogations sur son impact sur les prix pour le consommateur, le risque existe aussi de voir au pire une banqueroute, ou un pays et des consommateurs pénalisés par des retards croissants dans le déploiement de la fibre et de la 4G (puis 5G), une fois épuisée par les opérateurs la marge des opérations de cost-cutting.

Alors, si le système concurrentiel national ne peut pas être rendu plus efficace économiquement par des opérations de rapprochement impliquant les opérateurs du pays, il peut y avoir des opportunités pour certains acteurs pour des opérations transfrontières. Comme pour les opérations fixes-mobiles, les autorités antitrust les regardent a priori avec bienveillance car elles ont un impact moins direct sur le taux de concentration du marché pertinent. Les synergies sont certes moins évidentes (le nombre d’infrastructures en compétition ne change pas) et le risque de l’opération va dépendre de la valorisation. On peut cependant penser que, pour certains opérateurs aux modèles d’affaires ambitieux, par exemple dans l’acquisition de droits TV, la recherche de la taille critique pourrait devenir un objectif important pour s’imposer.

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16mai/160

Interview with Adam MINNS

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Published in DigiWorld Economic Journal DWEJ No. 101 "Towards a single digital audiovisual market?"

Interview with Adam MINNS

Executive Director, COBA, London

Conducted by Sally BROUGHTON MICOVA

 

The Commercial Broadcasters Association (COBA) is an industry association whose members include digital, cable and satellite broadcasters, both linear and on-demand. The association is active on policy and regulatory issues primarily in the UK, and also in Europe. 

 

DW Economic Journal:  When the Audiovisual Media Services directive was drafted it was designed to be platform neutral, maintaining a distinction only between linear and on-demand services with the intention of future-proofing it for potential changes in technology and markets. To what extent has that held up?

Adam MINNS:  The European broadcasting sector is a success story, worth more than 74.6 billion euros annually, according to the European Audiovisual Observatory. Audiences have more choice than ever before, with the number of linear channels growing across the EU and the gradual emergence of on-demand services (a recent study by the European Audiovisual Observatory put the number of on-demand audiovisual services established in Europe at 2,563) [1].

We therefore see no need to tamper with the fundamental principles of the directive, i.e. a technology-neutral approach that applies varying levels of regulation according to consumer expectations and the nature of different services. Indeed, radical change creates a risk of damaging the successful growth of the European audiovisual sector. That said, there is a case for a moderate level of reform regarding certain, specific aspects of the rules for commercial communications for linear services. In some areas, these are overly prescriptive and it is difficult to see the consumer purpose these are serving in a world of rapidly changing behaviour and the ability to access content from a multitude of different devices and services.

Does it still make sense to regulate linear and on-demand differently?

Yes. The directive's two tier approach to regulation has helped underpin this growth and innovation. In comparison with linear channels, non-linear services, while growing, generate a relatively small amount of revenue for COBA members, and the regulatory burden must reflect this if it is not to dampen investment. Many "Catch-Up" VoD services are loss leaders, for example, and are provided to viewers at no additional cost.

In addition, one of the directive's guiding principles, that consumers exercise more control in regard to non-linear services and therefore a lower level of regulation is appropriate, holds true today.

There have been calls to revisit the "country of origin" principle that is at the core of how audiovisual media services in Europe are regulated. How important is that principle to the business of commercial broadcasters?

Few pieces of regulation are more important for our members' businesses than the Country of Origin principle set out in the Audiovisual Media Services directive – but the key point I would like to make is the benefit to EU audiences.

For the avoidance of doubt, I am referring throughout this piece to the principle set out in the AVMS directive, not to any other directive. The AVMSD's Country of Origin rule enables a broadcast or on-demand service – licensed in one EU Member State – to be made available in another country without having to separately obtain another licence at the service's destination. Where, for example, costs and content can be shared amongst channels tailored to multiple Member States, because they comply with a single set of rules, a channel is viable for a more niche audience in each market. This creates more choice for audiences, and supports media pluralism and freedom of expression.

For example, the British Sign Language and Broadcasting Trust (BSLBT) is an organisation in the UK that, supported by broadcasters, provides sign-presented content to the deaf community. It makes a range of signed content available on its on-demand service to viewers in Member States across Europe. Deaf communities in Germany, France, Estonia, Spain and many more countries are watching this content, which is made available under a UK-based notification under the Country of Origin principle in the AVMSD.

The example of the BSLBT is from an independent report COBA recently commissioned on the AVMSD Country of Origin principle from Olsberg SPI. Olsberg are still finalising the report, but their clear conclusions are that the AVMSD's Country of Origin principle has supported the growth of the European broadcasting sector and is critical for unlocking the potential of European non-linear services. Testifying to this, some 41% of linear channels established in Europe are available under the Country of Origin rule, and 34% of on-demand services (this excludes services licensed from outside the EU).

So-called Catch-Up VoD services are particularly dependent on the Country of Origin rule. These are provided by broadcasters to give their audiences on-demand access to their programming for a given period after the original transmission. These are some of the most popular VoD services in Europe (accounting for 29% of all VoD services), but are in general provided to viewers at no additional charge, so there is a real need to keep the costs of providing them down. As you would expect, they are nearly always licensed (or notified) in the same Member State as their parent channel so they can re-use content complied for the linear channel.

Around a third of these (nearly 300 services) are made available under the Country of Origin (mirroring their parent linear services). In a situation where non-linear services were not able to benefit from the Country of Origin rule, these services would clearly be at risk.

As you might also expect, smaller Member States in particular stand to be harmed by the loss of the Country of Origin principle. According to Olsberg's analysis, 41% of linear channels across the EU operate under non-domestic licences supported by the AVMSD's Country of Origin principle. In the ten smallest markets (by population), however, that rises to 75%, reflecting the greater need for economies of scale in markets that might not be able to support a stand-alone channel. To give you an idea of the kind of range and choice these channels offer, in some smaller markets the only children's channels available are provided under non-domestic licences.

COBA's view is that the AVMSD's Country of Origin principle has underpinned economic growth, consumer choice and media plurality in the European audiovisual sector to date, and for the same reasons is set to be pivotal in the on-demand era.

What do you think are the prospects for creating a single market for audiovisual media service in Europe? Is it even desirable?

I would say that it depends on how you define single market. The AVMSD has successfully enshrined an important set of European values, providing for a minimum level of standards and protection for consumers and, through the Country of Origin principle, safeguarding freedom of speech and media plurality, and supporting innovation and the growth of Europe's creative industries, as I have outlined above. At the same time, Member States rightly have the flexibility to prioritise according to national sensibilities. The current balance seems right.

In some of your recent policy papers and consultation responses you have reported impressive growth in the investments of your members in UK original content. As some of your members are large transnational players that operate in multiple European Countries, to what extent is that trend mirrored in the rest of Europe?

These are hugely exciting times for European television content. It's almost a cliché now but television has become the new film, with a range of players all investing in ambitious, high quality original content. Funding has become more fragmented than ever before, flowing from broadcasters, on-demand services, and the production companies, not to mention public support, but that is the new reality.

The most important factor to remember is that it is a mixed ecology. Many COBA members are multi-national, but others are focused on the UK, and some are relatively small. All are investing in different ways, and that mixed approach builds strength into the overall ecosystem, which is less reliant on any one funding stream. QVC, for example, is a shopping channel, that creates 17 hours a day of live television. That high volume of production provides an exceptional training ground for crews and technical staff who go on to work across the industry. It is all part of a mixed ecology, continually building critical mass.

Our analysis of content investment has been focused on the UK so I don't have detailed figures for other Member States. But you can see that investment growing across other markets. Take, the recent European Film Market at the Berlin Film Festival, which held a television drama event to promote investment in European production. At that one event we saw announcements from HBO Europe, Sony Pictures Entertainment and Sky Deutschland involving production in Scandinavia, Germany, Italy and the UK. There is a lot more.

What can be done to boost investment by transnational commercial broadcasters in original content in Europe?

Again, I am not just referring to transnational broadcasters, but to commercial sector broadcasters generally. For COBA, there are two key factors in encouraging investment, and both take time. Firstly, encourage a mixed ecology, where a genuine range of players can grow. That increases creative competition, plurality in commissioning and strengthens the sector as a whole by diversifying funding streams. Frankly, in the world today, where so many different players are investing in content, and production more than ever relies on a patchwork of funding sources, fostering such a mixed ecology seems like common sense.

The second point I would make is to allow the industry to make content that audiences want to watch. That sounds obvious, but it doesn't always happen when companies are forced into quotas or other relatively blunt regulatory instruments. In the UK we have recently experienced something of a transformation, with non-domestic European drama now appearing on our screens in prime time slots, backed by significant marketing. Most importantly, they are achieving record audiences – most recently, German drama Deutschland '83 went out in prime time on Sunday evening and was watched by more than 2 million people.

This didn't happen to fulfil a quota; it is the result of a steady stream of high quality European dramas like Gomorrah on Sky, The Killing on BBC, and The Returned on Channel 4 – broadcast on a range of channels, including both commercial and public interest - breaking down UK audience's preconceptions about foreign-language content.

Of course, it takes time – a lot of time – to develop an industry capable of making shows that resonate with audiences on any consistent basis. I don't mean the funding, which is perhaps more available than ever now, but the creative skills. I found it fascinating, for example, that Denmark has consciously reproduced the American model of the "writer's room" and the primacy of the writer/creator, with of course its own vision. As much as anything, that creative process has established Denmark as one of Europe's key creators of high quality drama, and in the process done far more to promote Danish and European culture abroad than a quota would ever achieve.

And of course underlying these points, the principle of territoriality is still an absolute cornerstone in how production is financed, so needs to be maintained. Undermining the ability of rights owners to tailor how they licence their rights from market to market would harm their ability to generate a return, and so reduce the incentive to invest in creating that content in the first place.


Adam MINNS is Executive Director of the Commercial Broadcasters Association (COBA), the trade association for UK multichannel broadcasters and on-demand services. He leads COBA's work on a range of UK and European legislative and regulatory matters, reporting to COBA's board. He joined from Pact, the trade association for UK independent production companies, where he was Director of Policy and played a key role in Pact's work on the Terms of Trade and a range of other UK and European issues. Prior to Pact, Adam was UK film editor of Screen International, the film business publication, covering the British and European film industries. He has written for the Financial Times and the Independent on Sunday.



[1] The Development of the European Market for On-Demand Audiovisual Services, European Audiovisual Observatory, March 2015.

More information on DigiWorld Economic Journal No. 101 "Towards a single digital audiovisual market" on our website

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Executive Director,

COBA, London

4mai/160

DigiWorld Future 2016

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Un grand débat de prospective à l’occasion de la publication de la 16ème édition du DigiWorld Yearbook

 

Le DigiWorld Yearbook s’est imposé depuis plus de quinze ans comme le rapport incontournable du think tank européen IDATE DigiWorld, qui, chaque année, présente une analyse des dernières évolutions que connaissent les marchés des télécommunications, de l’internet et des médias, et identifie les grandes tendances au niveau mondial et les scénarios pour le futur.

À cette occasion, IDATE DigiWorld organise un grand débat de prospective sur les tendances clés qui structurent l’économie numérique des dix prochaines années. À partir des analyses détaillées de la situation actuelle et des scénarios à l’horizon 2025 proposés par nos experts, les CEO et Présidents des groupes leaders du secteur sont invités à réagir et à présenter leur vision de notre futur numérique.

 Digital economy & Internet 2025 : La confiance comme accélérateur ou frein de la nouvelle économie numérique ?

Télécoms 2025 : Quelle place pour les (opérateurs) télécoms dans la transformation numérique de l’économie ?

Télévision 2025 : Sommes-nous en train de vivre l’avènement d’un marché mondial de la vidéo et de la télévision ?

François Barrault, Président, et Yves Gassot, Directeur général ainsi que les équipes d’IDATE DigiWorld vous accueilleront au cours des événements qui se tiendront à Bruxelles (25 mai), à Londres (2 juin) et à Paris (14 juin)

DigiWorld Future Paris
Un évènement partenaire de Futur en Seine
14 juin 2016, Salle Wagram, avec la participation exceptionnelle de :

-    Jacques Attali, Président, Attali & Associés
-    Thierry Breton, Président-Directeur général, Atos
-    Rodolphe Belmer, Directeur général, Eutelsat
-    Eric Chaniot, Chief Digital Officer, Michelin
-    Michel Combes, Président-Directeur général, SFR
-    Laurent Curny, Président France, Verizon
-    Olivier Huart, Président-Directeur général, TDF
-    Isabelle Kocher, Directrice générale, Engie
-    Gilles Pélisson, Président-Directeur général, TF1
-    Marc Rouanne, Chief Innovation & Operating Officer, Nokia

DigiWorld Future Bruxelles
25 mai 2016, Cercle de Lorraine

Avec la participation exceptionnelle de :
-    John Porter, CEO, Telenet
-    Anthony Whelan, Director Electronic Communications Networks & Services, DG Connect

DigiWorld Future Londres
2 juin 2016, BT Centre

Avec la participation exceptionnelle de :
-    Luis Alvarez, CEO, BT Global Services
-    Rich Montgomery, Group VP and General Manager EMEA, Verizon Enterprise Solutions
-    Sven Heistermann, Director Telecoms, EMEA Strategic Relationships, Google
-    Accenture

> Inscription et programme sur www.digiworldfuture.com

27avr/160

TV connectée : Un accélérateur du développement de la vidéo OTT

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Jacques Bajon
Directeur de la Business Unit Media & Contenus Numériques, IDATE DigiWorld

Le développement de la télévision connectée s’appuie sur la démocratisation des accès haut débit, l’évolution des usages vers plus de personnalisation et la multiplication des équipements connectés présents dans les foyers.

 

Ces éléments révolutionnent progressivement l’accès aux sources de programmes et offrent de nouvelles fonctionnalités aux consommateurs. La connexion des téléviseurs au monde Internet peut être réalisée par différents moyens :
Smart TV ou téléviseur connecté (connexion directe, via Ethernet ou Wifi),
Décodeur TV connecté,
Terminal de streaming (format "boîtier" ou "dongle"),
Console de jeux connectée,
Lecteur Blu-ray connecté.

Ces éléments révolutionnent progressivement l’accès aux sources de programmes et offrent de nouvelles fonctionnalités aux consommateurs. La connexion des téléviseurs au monde Internet peut être réalisée par différents moyens :

En 2015, environ trois-quarts des téléviseurs commercialisés sont des Smart TV, mais ces dernières ne sont pas systématiquement connectées par les consommateurs. Dans le même temps, le marché des terminaux de streaming, dont la finalité principale est la lecture de vidéo en OTT, progresse rapidement. Au sein d’un marché non encore consolidé en termes de solutions et de services, plusieurs tendances se dessinent :
l’accès et l’utilisation des services de télévision connectée ont gagné en simplicité, en évoluant d’un positionnement "Internet-centric" à "video-centric".
La gestion de la connectivité avec les terminaux personnels des consommateurs est devenue un enjeu clé, avec le rôle accru des systèmes d’applications.
Les services OTT ont migré depuis les ordinateurs vers le téléviseur et poursuivent leur progression très rapide.
...

Plus d'informations sur les tendances

Des progrès technologiques permettent par ailleurs de favoriser le développement du marché, que ce soit la généralisation du haut débit, voire du très haut débit, chez les consommateurs, les améliorations importantes en termes d’optimisation et de compression vidéo (HEVC), ou l’apparition de fonctionnalités innovantes comme le "casting", qui permet l’envoi de contenus vidéo depuis un terminal vers le téléviseur.

Les principaux acteurs de l’écosystème de télévision connectée peuvent être répartis en trois grandes catégories, selon leur segment industriel d’origine : les acteurs de l’électronique grand public (EGP), ceux du monde TV et les "leaders" du secteur Internet.
Les acteurs de l’EGP renforcent leurs interfaces logicielles, via des développements spécifiques comme Samsung (Tizen), ou via un rachat dans le cas de LG (WebOS). L’idée est ainsi de capter plus de valeur ajoutée sur le marché, que ce soit dans la vente de terminaux avancés et/ou sur la partie services.
Les acteurs du monde TV développent leur offre de services OTT et renforcent leur positionnement logiciel avec des plateformes plus ouvertes et hybrides. La TV connectée pourrait leur permettre de renouveler leur relation au consommateur et de monétiser les offres plus finement. Des opérateurs de réseaux ou de bouquets TV, notamment aux États-Unis, commencent ainsi à commercialiser des offres complètes de télévision en OTT, avec une composante linéaire.
Enfin, les "leaders" du secteur Internet (Google, Amazon, Facebook, Microsoft) possèdent une connaissance intime du monde logiciel et des nouveaux usages. Ils sont ainsi les mieux placés pour créer la meilleure expérience utilisateur, que ce soit en termes de fluidité d’utilisation ou de recommandation sur les contenus en s’appuyant sur les données utilisateurs. Leur positionnement de plus en plus "verticalisé", du contenu jusqu’au terminal, ouvre par ailleurs la voie à la captation d’une partie croissante du marché du divertissement vidéo.

Ainsi plusieurs scénarios TV connectée se profilent à 2025, visant à déterminer les industries qui, en tendance, accroissent leur contrôle sur cet l'environnement :

Impact_scenarios_TV_connectee_2025_IDATE_DigiWorld_OTT

Selon l’évolution de l’environnement, et par conséquent des industries dominantes, la taille du marché vidéo OTT variera fortement en fonction de ces scénarios, de même que les niveaux d'usages des terminaux.

Pour découvrir nos estimations et les nouveaux scénarios TV à 2025, découvrez notre dernier rapport et participez à DigiWorld Future 2016

DWF15 video report v3A l’occasion de la publication de la 16ème édition du DigiWorld Yearbook (disponible dès maintenant en pré-commande), IDATE DigiWorld organise un grand débat de prospective sur les tendances clés qui structurent l’économie numérique des dix prochaines années. A partir des analyses détaillées de la situation actuelle et des prévisions proposées par les experts de l’IDATE pour les grands secteurs du numérique, le débat portera sur les tendances et les enjeux qui changent la donne à l’horizon 2025.

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27avr/160

Les blockchains vont-elles « uberiser » AirBnB ?

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Yves Gassot
Directeur Général, IDATE DigiWorld

Résumons les épisodes précédents : nous avons vu émerger ces dix dernières années les grandes plateformes des GAFA portées par l’effet réseau (« winner takes all »), puis, sans préjudices apparents pour ces dernières, sont apparus de nouveaux intermédiaires spécialisés portant le fer contre certains secteurs, et parfois perçus comme les prémices d’une nouvelle économie du partage (cf. Jeremy Rifkin).

 

Depuis quelques mois, les secteurs de la finance paraissent challengés par la FinTech à travers des agrégateurs, de multiples configurations de paiement ou de banques mobiles, des plateformes de crowd-funding/-lending, ainsi que des crypto-monnaies tel le bitcoin et peut-être avant tout, son infrastructure de blockchain.

Nous en sommes là : la révolution blockchain. Grâce à une technologie de base de données répartie, validant des transactions (constituant un « chaînon ») à travers un collectif d’une multitude d’internautes, on dispose d’un mode de gestion de registres de transactions quasi infalsifiable sans serveur central ni administrateur.

Combinée avec des objets connectés (par exemple une porte d’entrée) et des smart contracts (programmes pour exécuter de façon automatique des contrats quand certaines conditions sont remplies), la technologie blockchain, nous dit-on, pourrait « ubériser » Airbnb en s’affranchissant pour une transaction entre deux individus de tout intermédiaire… Nous n’en sommes pas encore là.

Entre les espoirs des rêves libertariens et les expérimentations ou projets très encadrés des banques ou d’autres entreprises, il est aujourd’hui difficile de se faire une idée définitive de l’efficacité technique de la technologie blockchain ou de la crédibilité d’un monde dans lequel le tiers de confiance en dernier ressort aurait disparu. Il serait toutefois bien imprudent de penser qu’il ne sortira rien de cette technologie[1] (et des multiples start-up qui s’en sont emparées pour des applications dans des secteurs aussi différents que la banque, la distribution d’énergie ou la musique).

Que ce soit à travers notre prochain DigiWorld Summit à Montpellier sur le thème « The Internet of Trust » (15-17 novembre 2016) ou un dossier en préparation de notre revue DigiWorld Economic Journal sur « l'innovation numérique et la transformation dans la finance », les équipes d’IDATE DigiWorld, vous proposeront de revenir sur ces développements fascinants.

 

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27avr/160

The issues of the emergence of a single digital audiovisual market : the French case

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Published in DigiWorld Economic Journal DWEJ No. 101

Interview with Nicolas CURIEN & Nathalie SONNAC

Commissioners, Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) (*)

Conducted by Alexandre JOLIN  



(*) This interview only reflects the views of the contributors, not the CSA's official positions.

 

C&S:  Since the late 70's, the European Commission has aimed to harmonize the regulatory landscape for audio-visual in Europe. The TVWF then the AVMS directives have created a legal framework allowing the circulation of linear TV and on-demand audio-visual media services in Europe. As part of the European Commission's Digital Single Market strategy, a review of the AVMSD has begun in 2015 and legislative proposals are due to be set out in 2016. Being the regulatory body for France, as a member state, how is the CSA involved in those consultations? According to you, which issues are to be primarily resolved?

Nicolas CURIEN & Nathalie SONNAC:  Intending to bring its regulator's viewpoint and its expertise in the practice of regulation, the CSA contributed to the European Commission's consultation about the review of the AVMS directive, entitled: "A framework for the audiovisual media in the 21th century". The CSA also participated in the cross-ministerial preparation of the French Authorities' positions and it provided a contribution to the French answer to the AVMS consultation. Mostly, the CSA plays a very active role in the European Regulators Group for Audiovisual Media Services (ERGA), which was chaired, during its two first years of existence (2014-2015), by Olivier Schrameck, the chairman of the CSA. Created in February 2014, by the European Commission as an advisory body examining issues related to media services, the ERGA stands now as a key institutional innovation, pushing forward European audio-visual policy matters. For us, as national regulators, working together within this structure represents a strong opportunity to carry out an in depth future analysis of the audio-visual sector and to stimulate the emergence of common initiatives. The ERGA is in charge of assisting the Commission in the revision of its legislative instruments, as it is now the case for the AVMS directive.

The audiovisual services drastically changed since the adoption of the previous directive in 2007. The present situation, resulting from the dynamics of "convergence", was not anticipated in the first place and it calls for several substantial adjustments in order to take into account the development of on demand non linear services, of interactivity, as well as usage of associated data. Moreover, the irruption into the French and European audio-visual markets of large and worldwide OTT players, such as Netflix or Google, raises a new kind of issues, which must be solved at the European scale. As specifically regards the revision of the AVMS directive, the ERGA produced three reports, published in January 2016, respectively about the independence of national audio-visual regulatory authorities, about the possible extension of the directive to new online players, and about minors' protection. These reports include recommendations which were unanimously approved by the 28 regulators of the European Union's member States. The ERGA thus invites the Commission to incorporate its proposals in the revised directive. An additional report about the territorial competency of regulators will be issued in the course of spring 2016.

One of the proposals on the table is to apply the same obligations placed on TV broadcasters and on-demand TV-like services to online video sharing platforms as well. Is this a realistic solution to complete the existing film and audio-visual financing system?

This issue goes well beyond the particular case of video sharing platforms, as it also includes all digital intermediaries which are commonly designated under the generic term of "platforms", such as content distributors, content aggregators, providers of applications, sharing platforms or suppliers of devices; that is, all players which hold a position between content and usage, making them gatekeepers of the access to content. All actors who develop a strategy around content and/or are involved in the exposition and the promotion of content, especially through algorithms are concerned. Since these new operators do orient consumers and deliver prescriptions to them, they doubtless play an editorial role which is similar, up to a certain extent, to that played by traditional audio-visual editors. Then, it seems both sensible and in line with the driving principles of audio-visual regulatory policy to set up for new players an adapted regime of obligations. However, such a regime should not of course ignore the necessity of sustaining the pace of innovation: when contemplating a new deal and a new toolkit for audio-visual regulation, one must not at the same time slow down the growth of innovative services which largely contribute to widen the exposition of works and do constitute a major source of creativity in the audio-visual sector.

One size does not fit all and all platforms should not be subject to the same degree of regulation: namely, a small platform should not be treated as YouTube. Proportionality should thus be set as a guideline and the regulator should focus in priority on platforms which bear a significant impact onto the market. Moreover, as it would clearly prove inefficient to set local obligations to global players, a common harmonized framework has to be defined within the European Union. Achieving proportionality, within a renewed regulatory scheme designed for digital intermediaries, also requires that rules existing for traditional editors be adapted in order to reach a satisfactory matching between obligations and the specific characteristics of the new actors. More generally, traditional regulation should not be transposed unchanged onto the digital world, a world in which the speed of evolution is very high, in which some players are active at an international scale and in which the business models greatly differ from classical ones. Accordingly, an effective regulation should be based on a triptych associating public policy, users and operators and could mainly rely upon co-regulation and self regulation. Such a perspective is precisely consistent with ERGA's present undertakings, which consist in identifying audio-visual centric platforms, rather than all platforms, with the objective to align their behaviour with the traditional goals of audio-visual public policy, although under a proportionate regulatory approach. Indeed, the public policy goals, which underlie the existing obligations set for traditional actors, such as minors' protection, copyright enforcement, investment in creation, or fair competition, do still prevail for digital platforms. In the Digiworld, goals remain the same; modalities may differ!

With the rise of international OTT services and the ongoing consolidation of the European content industry, how can policymakers best safeguard and promote cultural diversity across Europe?

Reaching a critical size through consolidation is a necessary step to preserve a model of diversified content in Europe. This does not amount to geographic confining, but rather calls for a more extensive and international approach, strongly based upon European cultural specificities. This global strategy should concern production, traditional edition and new digital platforms as well. Europe holds a solid position in terms of local content production and it must derive benefit from it. However, the momentum has to be generated through a coordinated policy, as it cannot result from the separate actions of isolated national players. In this regard, regulators also are at stake and they must rapidly come towards a more inter-institutional approach.

In their efforts to promote the diversity of content, the European editors should use linear TV, which is still by far the dominant mode in consumers' practice, as a kind of "factory" in order to produce pieces of original content promised to become brands of their own and move towards non linear usage on electronic platforms, after a first lifetime spent inside the grids of linear TV in order to get some notoriety. As access through networks is a necessary condition for access to content, synergies between medias and telcos should also be considered in order to extend the scope of content distribution and to reduce its cost. Moreover, promoting diversity heavily depends on the ability of creators to finance their content and make it available to consumers. In this respect, fair access to all distribution channels, especially online platforms, stands as a key enabling factor: hence, the strong attention of regulators to the net neutrality and the content visibility issues

Today, the OTT video industry is mainly driven by non European players such as Netflix, Apple or Liberty Global, which, despite its British implantation, is controlled by a US holding company. According to you, what could be done to ensure the development of a strong European OTT players and ensuring the sustainability of the traditional broadcasting market?

This question relates in part to the issue of rights' territoriality. A right balance has to be found between the two conflicting objectives of maximizing rights' monetization, on the one hand, and extending content's exposition, on the other hand, in a fast moving context where the growth of digital platforms makes territorial enclosure unsustainable against bypass or piracy. Since reaching such a balance likely means substantial change in the present contractual arrangements, a concerted sectorial process is needed gathering together rights holders, editors and distributors.

At least, large national players should contract partnerships and launch together digital Pan-European services, with a strong identity. As already mentioned above, these developments cannot take place at a national scale, while the main international competitors, such as Netflix, do operate worldwide, do offer worldwide content, and are less and less subject to territorial constraints; it is especially the case as regards TV series available in SVOD services, such as House of Cards, exploited under a "free" regime. In this revolutionary context, where the historical category of TV channel might sooner or later be replaced by the upcoming category of brand-content, the sustainability of traditional players is clearly conditioned to their ability and willingness to co-design adaptive and cooperative ways of deriving as much value as possible from their content.

On demand video services are currently regulated in their "country of origin". Some players are denouncing this as a distortion of competition because legal obligations can differ highly from one Member State to another. As was already done for the VAT last year, would it be recommended or possible to apply a "user-centric" approach, setting the focal point on the end-user instead of the service publisher?

The country of origin's principle certainly helped to create a common audio-visual market, as it facilitated the cross-border circulation of services, warranting legal security to broadcasters. In practice, however, this principle proves insufficient to set the conditions of a fair competition across service providers, since the AVMS directive is a framework for coordination, not harmonization, and some member States chose to adopt stricter rules than those prescribed in the directive. This may lead to a particularly critical situation, whenever a service is explicitly directed towards a given State within the Union, although it is established in another one: such as they are today libelled in the directive, the present procedures do not actually allow a member State to apply its possibly stricter rules to a foreign service aiming to reach its citizens. As a consequence, a severe imbalance is potentially created across operators competing in a same local market, some being subject to stronger obligations than others. Then, in order to avoid damageable "regulatory shopping" strategies, a fair and effective competition across all European operators must be guaranteed. In this regard, it is proposed that the European regulation be modified, by introducing an exception to the country of origin's principle, which would allow a given destination country to apply its own rules to those services which specifically address its population. This proposal does not intend to abolish the country of origin's setting, which would remain the general ruling, but just to amend it at the margin, to deal with circumstances where its application would obviously result in a harmful distortion in the marketplace.

The European Commission has also made a legislative proposal to change the copyright framework to allow cross-border portability of online video services, ensuring that consumers can access content they bought when they travelled in other EU countries. Could content portability be a structural threat for national TV industries? What could be the right balance between protecting right holders' revenues and guaranteeing access to consumers?

The European ruling about portability, issued last December, is a most appropriate initiative and it brings very good news to all European citizens, who will have access to their national offers of digital content when they travel abroad within the Union. Yielding such a significant benefit to the travelling and nomadic citizens should nevertheless not threaten the principle of rights' territoriality, which remains a very important piece in the framework in order to preserve a fair remuneration of authors. The application of rights' portability should also not hinder the commercial development of European players. Therefore, the precise conditions of portability now have to be carefully designed, through a clear specification of the criteria, characterizing temporary versus permanent residence. Finally, a realistic time frame should be set, that is not too short a one, in order to ease the operational implementation by operators.

Over the last years, linear TV revenues growth has tended to stagnate in Western Europe while on demand services, mainly SVOD, have been generating increasing traffic with low monetization rate. On the other hand, traditional broadcasters currently face stricter rules than on demand video services in some areas, such as promoting European cultural works. According to you, what would be the right balance between promoting European OTT players and protecting the traditional broadcasting market?

Seeking here for a "right" balance is maybe not fully appropriate, for the consumers do not show a same and unique profile of usage. Consumption practices vary greatly indeed, especially according to age and to social class, which leads to a wide scope of expectations in terms of kind of content, modality of usage and type of viewing device: television, tablet or smartphone. Linear TV and OTT services are likely more complements than substitutes, since they don't address the same audience and are operated under different business models. Therefore, the relevant issue is less that of balancing efforts between online versus traditional supply, than that of designing tailored offers, well fitted to individual contrasted needs, and identifying efficient synergies as regards, for instance, works' circulation and cross-promotion. In this direction, a major difficulty must be overcome: market prices of online services are established at a low level, those of SVOD lying around 10€ per month, in such a way they do not enable a single player to make the substantial investment which is required to produce attractive, competitive and self viable content. Hence, a consolidation of means at the European scale appears as a necessity. Finally, demand must be stimulated as well as supply and, in this respect education to media and to European culture is a key factor of success.

Is there any need for concentration in both service publishing and distribution sectors in order to make European champions emerge? Should this solution be supported by national regulators?

A process of concentration across players located at different links within the audio-visual chain of value, or even between actors present within that chain and outsiders, may already be observed in France, just as it is in other European countries. In France, major recent examples are the fusion of Numericable and SFR, the agreement between Altice and NextRadioTV, the acquisition of Newen by TF1, the integration of Canal+ within Vivendi. Public policy should of course encourage all industrial strategies which favour a cultural rebalancing, enhance the exposition of the French and the European cultural patrimonies and increase their value. Regulators should nevertheless be most attentive in ensuring that major transformations in the audio-visual industry do not bear a threat against fundamental ethical principles, such as liberty of expression, editorial freedom and independence of information.

 

Nicolas CURIEN, a member of Corps des Mines, sits at the board of the French Regulatory Body for Radio and Television (CSA), since 2015. He also is Emeritus professor at Conservatoire National des Arts et Métiers, where he held the chair "Telecommunications Economics and Policy" from 1992 to 2011, before being Commissioner in the French Regulatory Body for Telecommunications and Post from 2005 to 2011. An expert in digital economics, he taught at École Polytechnique from 1985 to 2007 and is a founding member of the French National Academy of Engineering.

Nathalie SONNAC (Doctor of Economics) chaired the Information and Communication Department of Paris 2 from 2009 to 2015 and was in charge of the professional Master 2 "Media & Public". As a media economy expert, culture and digital technology, she is also the author of numerous scientific books and articles in this field. More specifically she analyses the issues of competition and regulation in the digital age, market interaction, new business models, and monetization of digital content. She was appointed Commissioner at the Conseil supérieur de l'audiovisuel by the President of the French National Assembly on January 5, 2015 for a six-year mandate.

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26avr/160

Smart toys : de l’offensive des acteurs du jeu aux perspectives pour l’industrie du jouet

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Laurent Michaud
Responsable du pôle "Électronique Grand Public et Loisirs Numériques"

A l’horizon 2020, près de 660 millions de jouets vidéo pourraient trouver acquéreur, pour un chiffre d'affaires estimé à 3.8 milliards EUR, soit 10.8% du marché du jeu vidéo.

 

Le phénomène des jouets vidéo, autrement appelés "smart toys" ou "toys-to-life" suscite beaucoup d’intérêt, du fait de son succès massif et rapide. Les jouets vidéo constituent une innovation d’usage qui, sans vraiment rompre avec la fonction des jouets ou celle des jeux vidéo, crée une nouvelle forme de divertissement, au moins aussi immersive que ses deux composantes prises séparément. Les jouets vidéo constituent aujourd’hui un nouveau segment de marché, à mi-chemin entre l’industrie du jeu vidéo et celle du jouet. Quatre acteurs se partagent la majeure partie du marché :

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Activision Blizzard avec sa série Skylanders, dont les opus (8 depuis 2011) ont permis de vendre près de 300 millions de figurines dans le monde ;
Disney Games avec son jeu Disney Infinity, qui met en scène ses personnages maison et les univers de ses filiales Pixar, Marvel, Star Wars ;
Nintendo, qui a choisi de proposer des figurines, les Amiibo, à l’image de ses personnages les plus populaires (en six mois, plus de 10.5 millions de figurines ont été vendues) ;
fin 2015, LEGO déboule sur le marché avec son titre LEGO Dimensions et, après avoir expérimenté les jouets vidéo au travers d’un premier produit, LEGO Fusion, le succès est au rendez-vous

D’autres acteurs, fabricants de jouets ou éditeurs de jeux vidéo, sont encore en phase d’expérimentation ou de "test marché" comme Hasbro ou Mattel.

Les principaux enseignements des événements qui ont jalonné l’année 2015 témoignent des enjeux à relever et des succès enregistrés.
"L’expérience joueur" constitue le coeur des jouets vidéo, qui allient des objets tangibles – communicants ou non – à une application ludique numérique. On parle d’expérience "phygital".
Les modèles économiques fondés sur la collection de figurines, plus ou moins dépendantes d’un jeu vidéo, continuent de muter et pourraient intégrer le Free-to-Play.
Les modèles de développement sont principalement basés sur une approche dite en "first party" ou en "second party". Ces modes opératoires laissent encore assez peu de place pour les nouveaux entrants.
On observe une dichotomie claire entre les jouets vidéo "mainstream", produits par des géants industriels pour plateformes fixes et visibles sur grand écran, et les nouveaux entrants qui proposent leurs solutions sur plateformes mobiles, où les barrières à l’entrée sont plus accessibles.
Le succès de LEGO montre que la convergence entre les acteurs du jouet et ceux du jeu vidéo est efficace et peut déboucher sur des jouets AAA adossés à un jeu vidéo AAA.

Les jouets vidéo constituent un segment de marché du jeu vidéo qui fonde son succès sur des univers connus qui ont déjà mobilisé un public. Bon nombre d’univers oniriques et fantastiques demeurent encore inexploités et laissent augurer des pistes prometteuses.

Pour en savoir plus sur le marché "Smart Toys", découvrez  notre dernier rapport

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