28juin/160

Retour sur les débats DigiWorld Future 2016

Gassot-Yves

Yves Gassot
Directeur Général IDATE DigiWorld,

La prochaine étape de la révolution numérique passe par l’engagement décisif des grands secteurs industriels à la faveur de leur transformation digitale sous la pression de la combinaison des game changers : IoT, Big Data et Intelligence Artificielle.

IDATE DigiWorld vient de publier son rapport annuel, le DigiWorld Yearbook. Cette publication a donné lieu à trois événements publics sous le titre "DigiWorld Future" à Bruxelles, Londres et Paris, qui ont réuni plus de 800 professionnels. Ces conférences ont permis à nos équipes, mais aussi à de nombreuses personnalités de premier plan, de discuter des tendances des marchés et de nos scénarios pour l’Internet, les télécoms et la télévision à l’horizon 2025.

En ce qui concerne les tendances, notre idée est qu’il faut dans la période aller au-delà des incertitudes sur l’essoufflement du marché des smartphones, des déceptions des premiers pas des wearables et des délais associés à l’affirmation d’un marché de masse pour la réalité virtuelle. Elles constituent certes des éléments du contexte, de la même manière que les économistes s’inquiètent de la fin de la "loi de Moore" ou de la baisse des gains de productivité depuis 2006.

Mais notre conviction est qu’il existe un potentiel extraordinaire dans les game changers que constituent l’association de l’IoT, du Big Data et de l’Intelligence Artificielle (voire de l’impression 3D). Les engagements considérables de sociétés comme Michelin ou Engie, présentés lors de nos DigiWorld Future[1], vont certainement avoir un impact en termes de productivité et de transformation des chaînes de valeur (avec notamment une tendance à la "servicisation" dans la relation avec le client final). Sans doute est-on à un moment charnière où l’innovation technique foisonne mais où il y a obligatoirement un temps de latence avant de constater ses conséquences positives : le temps que s’assemblent les éléments du puzzle technique (que l’on pense aux problématiques de standardisation encore complexe des réseaux ou des plateformes de gestion de l’IoT) et que se mettent en place les compétences humaines requises et les business plans pertinents.

Attali_Kocher_Lemaire

> Revoir les interventions en vidéo

 

Les scénarios du futur

La reconnaissance des tendances est aussi pour nous un socle pour identifier les variables structurantes d’un jeu de scénarios, non pas pour prévoir la stratégie de tel ou tel acteur, mais pour disposer d’une base de réflexion organisée sur les différents futurs possibles, volontairement contrastés.

Ainsi, pour structurer les futurs possibles de l’Internet, nous avons retenu deux grands axes. Un premier axe distingue les scénarios selon qu’ils s’appuient – ou non – sur un niveau important de traitement et de valorisation des données personnelles (plus ou moins contraintes in fine par le degré d’acceptation des internautes et les exigences de la réglementation). L’autre axe permet de définir des scénarios au regard du degré de standardisation et de l’intensité de la concurrence.

Schématiquement, on peut imaginer d’un côté une décomposition extrême des fonctionnalités à travers une offre très complète de solutions Open source et d’API ouverts répondant au paysage rêvé par nos geeks ; tandis que dans l’autre on mettra l’accent sur l’intégration des innovations au sein des grandes plateformes des GAFA combinant effets d’échelle et les économies de réseau.

four_scenarios_for_digital_economy_2025

 

Mais le mieux est naturellement de se reporter au DigiWorld Yearbook 2016 pour aller plus loin, découvrir aussi les focus réalisés par nos équipes sur les différents marchés et retrouver les informations pertinentes et les analyses sur les principaux événements des 12 derniers mois.

Cela peut aussi être l’occasion pour vous de nous faire des critiques et des suggestions pour l’édition 2017 et les prochaines éditions de "DigiWorld Future" !

Commander
le DigiWorld Yearbook

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter.

 


[1] Mais aussi de bien d’autres entreprises de l’industrie (GE, Audi, Airbus, …) ou encore des grandes activités de services dans l’hôtellerie, la finance (banque et assurance), l’audiovisuel ou les télécoms, etc.

27juin/160

Pour la prochaine décennie, l’ère de l’après-smartphone

DWYB2016CouvFR_RVB_vRS

Pour la prochaine décennie, IDATE DigiWorld annonce l’ère de l’après-smartphone, dans un contexte de connectivités de nouvelle génération et de services Internet hyper-personnalisés.

L’équipe indépendante d’analystes et de consultants spécialisés sur les télécoms, l’internet et les médias, IDATE DigiWorld, vient de rendre publique la nouvelle édition de son rapport annuel DigiWorld Yearbook, qui détaille les tendances à suivre pour la prochaine décennie.

Le rapport couvre le vaste champ de l’économie numérique, du ralentissement des ventes de tablettes à la généralisation des smartphones à bas prix en passant par la croissance soutenue de l’Internet des Objets (loT), les avancées de l’intelligence artificielle (IA) et de la réalité virtuelle (VR). Le think tank européen attire l’attention sur l’augmentation des cyber-attaques auxquelles doivent faire face les entreprises devenues numériques ainsi que sur la question de confiance posée par les consommateurs sur la sécurité de l’IoT, projets de voitures connectées ou maisons intelligentes. La montée en puissance des réseaux très haut débit, notamment en Europe, et l’efficacité des services sur mobile ou à domicile sont également longuement abordés, avec le passage graduel de la 4G à la 5G et le déploiement des réseaux de fibre optique (FTTH).

L'Institut s’interroge sur les conditions de la poursuite de la consolidation des télécoms en Europe, qui semble marquer le pas, et sur le sens des opérations de fusions croisées qui concernent les réseaux, les technologies, la télévision et les médias mais aussi les transports et de nombreux autres secteurs industriels. C’est bien sur le cas de Google et Apple, qui poussent leurs avantages dans l’industrie automobile, ou des majors des télécoms et des technologies, qui se renforcent dans les contenus : services de télévision ou de streaming de films et de musique. À la faveur de l’essor des services en ligne, les experts IDATE DigiWorld prévoient un basculement progressif de la propriété à l’usage, comme par exemple le partage de voiture via une application ou les services de streaming en VOD ou SVOD de musique ou de vidéos qui remplacent les CD, les DVD et le téléchargement. Par ailleurs, ce mouvement vers toujours plus de on demand et de services par abonnement semble d’ores et déjà impacté par l’usage croissant de solutions d’ad-blocking, qui menace de renvoyer au passé l’abondance actuelle des services internet gratuits (de type YouTube).

Le rapport souligne que "le vaste choix de services, désormais commercialisés à un coût unitaire minimal pour une consommation de masse, est à l’origine d’un marché numérique gigantesque, estimé à plus de 2 900 milliards d’euros en 2025, pour les seuls services télécoms et internet, et soutenu par une croissance moyenne de près de 7% par an".

À travers ces quelque deux cent pages, le DigiWorld Yearbook décrit également comment les bitcoins, la blockchain, le paiement mobile et le crowdfunding pourraient déstabiliser les services bancaires et financiers, en ouvrant la perspective de se passer d’intermédiaires, comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans d’autres secteurs comme le tourisme ou la distribution. L’analyse aborde également le sujet du big data à travers la façon dont la législation européenne traite les questions d’utilisation et de protection des données privées : dans un futur proche, l’accès croissant aux données personnelles pourrait modifier profondément de nombreux domaine comme par exemple la souscription aux polices d’assurances et l’accès aux prêts bancaires.

"Nous assistons à une vague d’innovations d’une ampleur sans équivalent, souvent qualifiée de quatrième révolution industrielle, caractérisée par la poursuite de la migration vers le cloud, les perspectives de l’internet des objets, du big data, de l’intelligence artificielle, auxquelles s’ajoutent déjà une nouvelle génération d’innovations disruptives comme la blockchain. Tous les acteurs, les groupes leaders du numériques et les grands secteurs verticaux comme les nouveaux entrants et les startups, doivent trouver leur place dans ce nouvel écosystème dont les équilibres sont à redéfinir." souligne François Barrault, Président de IDATE DigiWorld.." souligne François Barrault, Président de IDATE DigiWorld.

En dépit d’un contexte de saturation relative, comme l’indique par exemple le ralentissement observé récemment des ventes de smartphones, IDATE DigiWorld annonce le retour d’une croissance modeste pour les opérateurs de services télécoms et les groupes de médias numériques en Europe pour les prochaines années, et des taux de croissance plus élevés en Chine, en Inde et en Afrique, porteurs d’un nouveau cycle de consolidation au niveau mondial. Par exemple, dans le domaine de la télévision, la zone Asie/Pacifique va devenir le plus grand marché mondial au cours de la prochaine décennie, alors que dans le même temps les marchés européens risquent de s’affaiblir, avec la perspective d’être même confrontés à des taux négatifs.

"Pour la première fois depuis 2008, et malgré les incertitudes qui pèsent sur la poursuite de la consolidation, le secteur des services de télécommunications en Europe pourrait afficher des revenus en hausse", remarque Yves Gassot, Directeur général de IDATE DigiWorld. "Pendant ce temps, les services internet connaissent toujours des taux de croissance annuels à deux chiffres de plus de 15%. Ce segment approchera le seuil des 10% de l’ensemble des marchés du DigiWorld en 2016, et restera orienté à la hausse dans les prochaines années : en seulement deux ans, les services internet auront dépassé les services de télévision et de vidéo, qui continueront malgré tout de croître au rythme de 3 à 4 % par an."

Le DigiWorld Yearbook 2016 a été réalisé à partir des bases de données, des nombreux rapports  et des analyses de prospectives à 2025 publiés tout au long de l’année par les experts IDATE DigiWorld. Il est réalisé avec le support de grands groupes leaders des télécoms, de l’internet, de l’IT, de la TV et des médias numériques et
des secteurs verticaux, soit plus de 50 membres comme Accenture, AT&T, BT, Google, Gemalto, Huawei, IBM, Microsoft, Orange, Tata et Samsung…

> Information sur le rapport (sommaire, tarif…) sur www.idate.org

Le rapport est présenté dans le cadre du cycle de conférence DigiWorld Future à Bruxelles (25 mai), à Londres (2 juin) et à Paris (14 juin) en présence de CEO venant partager leur vision de l’économie numérique en 2025.

> Le programme complet est présenté sur www.digiworldfuture.com

DigiWorld Yearbook infographies

schema_DWYB2016_1 schema_DWYB2016_2 schema_DWYB2016_3 schema_DWYB2016_4
 schema_DWYB2016_5  schema_DWYB2016_6  schema_DWYB2016_7  schema_DWYB2016_8

Commandez le DigiWorld Yearbook 2016 sur notre site !

Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter.

13juin/160

Smart Home : un marché prometteur à long terme

RAMAHANDRY_Tiana

Tiana Ramahandry
Consultante Senior, IDATE DigiWorld

Le marché du smart home, encore naissant, est considéré comme l’un des plus prometteurs du secteur de l’internet des objets avec un nombre d’objets connectés passant de 200 à 900 millions entre 2015 et 2025

 

Le concept de smart home peut être considéré comme la version connectée de la domotique, cette dernière ayant rencontré un faible succès commercial

Il couvre tous les équipements d’une maison qui pourraient potentiellement être connectés. Il comprend ainsi de nombreuses applications, de l’électronique grand public à l’électroménager, en passant par les ampoules et les détecteurs de présence. Le marché actuel est essentiellement axé sur la vente d’équipements pourvus d’un module de connectivité qui peuvent être contrôlés à distance, via une application mobile. Mais il compte désormais les hubs, des systèmes centraux qui permettent aux différents équipements de communiquer entre eux.

Les principaux produits sont liés à la gestion de l’énergie et à la sécurité des personnes, les consommateurs étant plus disposés à investir dans des solutions leur permettant de réaliser des économies sur leur facture d’électricité et/ou de leur apporter la tranquillité d’esprit au sein du foyer.

Le marché attire un large écosystème où chacun va tenter de s’imposer

L’écosystème du smart home est vaste et se caractérise par la présence d’une multitude d’acteurs provenant d’industries différentes. On retrouve les acteurs traditionnels de la maison : les fabricants d’électronique grand public, d’électroménager, ainsi que les acteurs de l’énergie, de l’éclairage et de la sécurité. Samsung est un acteur particulièrement actif, surtout depuis l’acquisition de la start-up Smart Things en 2004. Le constructeur sud-coréen fournit une offre globale de domotique, incluant un hub qui permet de connecter ses propres équipements tout comme ceux de ses partenaires. Philips est également un acteur présent sur le marché du smart home à travers sa gamme d’ampoules connectées Hue.

De nouveaux noms sont apparus sur le marché, à l’instar des pure players, spécialistes d’équipements connectés pour la maison ; ils proposent essentiellement des thermostats, des ampoules et des caméras de surveillance connectés. Les opérateurs télécoms ont également lancé des initiatives dans le domaine, en profitant du modem disponible dans le foyer. Les géants de l’internet sont aussi présents : Google a investi dans ce secteur en rachetant Nest, start-up spécialisée dans les thermostats intelligents, et Apple s’est positionné avec HomeKit, sa plateforme de développement dédiée à la domotique. Il existe actuellement une multitude de protocoles de communication utilisés, résultant de la variété des acteurs de l’écosystème. Une bataille autour de la standardisation met en concurrence de nombreuses initiatives soutenues par des grands noms de l’industrie.

L’adoption du smart home soulève de nombreuses interrogations

Le marché, encore naissant, est considéré comme l’un des plus prometteurs du secteur de l’internet des objets. L’IDATE estime que le nombre d’objets connectés associés au smart home pourrait passer de 200 à 900 millions entre 2015 et 2025. Aujourd’hui, l’essentiel du marché provient de la vente d’équipements, dont le prix est encore souvent trop élevé par rapport à celui de produits non connectés (avec des caractéristiques primaires similaires). Pour un réel développement du marché, il reste plusieurs points à résoudre : le prix des appareils connectés, les questions relatives à la vie privée liées à l’accès à des données personnelles, un modèle économique à clarifier (monétisation de la donnée comprise) et la fragmentation des technologies.

 

Pour obtenir plus d'informations sur le marché de l'Internet des objets à l'horizon 2025, découvrez notre dernier rapport

 Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

24mai/160

Video On Demand : Les principaux marchés européens à l’heure de l’internationalisation de Netflix

LEBORGNE-Florence_NB

Florence Le Borgne
Head of the TV & Digital Content Practice, IDATE DigiWorld

En règle générale, l’arrivée de Netflix sur un nouveau marché s’est traduite par une croissance des coûts de programmes pour ses concurrents.

 

Au vu de l’exemple nord-américain, cette tendance devrait se poursuivre et s’amplifier dans les prochaines années, ce qui va poser la question de la rentabilité de ces investissements.

Partage_valeur_VOD_acte

 

Typologie de services

On distingue généralement trois types de services de vidéo à la demande payants :

des services de vidéo à la demande à l'acte qui regroupent :

l’EST (electronic sell-through), également appelé commerce électronique de copies numériques ou vidéo à la demande à l'achat, est une transposition à l'univers immatériel de l'activité de vente de vidéogrammes ;

la VOD locative qui est une transposition à l'univers immatériel de l'activité de location de vidéogrammes ;

des services de SVOD, qui reposent sur le modèle de tarification dominant dans l'univers de la télévision linaire payante : l'abonnement.

Il arrive couramment qu'un même service propose plusieurs modes de tarification.

Modèles économiques et positionnement d'offre

Le modèle de la vidéo à la demande à l'acte est basé sur un partage des revenus entre l'éditeur de services et les ayants droit. Les contrats les unissant ne sont que très rarement exclusifs. Les catalogues des services à l'acte comprennent généralement un très grand nombre de références (de 10 000 à plusieurs centaine de milliers). Même si la plupart des offres de VOD à l'acte sont généralistes, la consommation se concentre sur les films de cinéma.

Le modèle économique de la SVOD est comparable à celui de la télévision à péage. Les droits des contenus sont achetés à prix fixe, indépendamment de la consommation effective. Ils peuvent être exclusifs pour une période et un territoire donnés. Dans un premier temps, les catalogues de SVOD ont pris la forme d'offres d'abondance, incluant une forte proportion de titres de plus de cinq ans et non exclusifs. Même si la plupart des offres de SVOD sont généralistes, ce sont les séries qui sont les contenus les plus mis en avant et les plus consommés. De plus en plus, les critères de récence et de l'exclusivité des contenus distribués deviennent déterminants. Aujourd'hui, deux approches marketing s'opposent : des stratégies basées sur le rapport volume/coûts et des stratégies de différenciation basées sur un positionnement premium ou thématiques.

Environnement concurrentiel

Le secteur de la VOD dans son ensemble est en croissance forte en Europe, portée par le développement important du nombre de services dans la plupart des pays. Entre février 2012 et décembre 2015, le nombre de services disponibles dans l'Union européenne a été multiplié en moyenne par 5.7.

Si le marché en valeur demeure dominé par la location de vidéo à l’acte en Europe (56.5% du marché total de la vidéo à la demande), ce segment de marché est celui qui progresse le moins rapidement depuis cinq ans (+215% en moyenne dans les pays de l’Union européenne entre 2010 et 2015). Les revenus générés par les services par abonnement connaissent une expansion plus forte, avec un taux de croissance de 1 824% sur cette même période. Ils ont généré près du tiers des revenus de la vidéo à la demande au niveau européen en 2015, alors qu’ils n'en représentaient que 7.6% en 2010.

Fréquemment, le véritable démarrage du marché de la SVOD dans un pays s’observe à partir du lancement de Netflix dans le pays en question. Il convient néanmoins de préciser que Netflix est le plus souvent le principal bénéficiaire de la croissance rapide des abonnements qu'il induit. L’arrivée du géant nord-américain s’accompagne néanmoins d’une réaction des principaux acteurs de la télévision à péage ou en clair. C’est la conjonction de l’ensemble de ces éléments qui contribue à une meilleure connaissance de la part du public de ce type de services et qui facilite leur adoption.

Les facteurs de croissance

Le développement des services de vidéo à la demande rencontre des succès extrêmement différents suivant le marché. Des facteurs endogènes interviennent :

la propension des consommateurs locaux à payer pour accéder à des contenus ;

le différentiel de prix avec les offres locales de Pay-TV ;

le niveau de piratage des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques ;

l’existence d’une offre de contenus attractifs à bas coûts voire gratuits (services linéaires et à la demande inclus) ;

...

En savoir plus sur les facteurs endogènes

Des problématiques propres à la structure des offres à la demande et aux stratégies d'acteurs entrent également en jeux :

la pertinence des positionnements marketing des offres distribués ;

l’existence de partenariats avec des distributeurs disposant d’une base d’abonnés/équipés ;

l'efficacité des systèmes de recommandation qui contribuent à une utilisation plus intensive du service et à une meilleure satisfaction de l’utilisateur ;

...

Obtenir plus d'informations sur les différentes problématiques

La question de l’équilibre économique des services à l’acte se pose de façon moins critique que dans le cas des services par abonnement. En effet, l’essentiel des coûts des services à l’acte étant des coûts variables, proportionnels à la consommation, ces services ne coûtent cher à produire que quand ils sont effectivement consommés.

Il n’y a ainsi pas de véritables freins à la création de nouveaux services, les coûts d’entrée sur le marché restant faibles. Ceci explique l’abondance de services existants et la grande diversité des acteurs sur ce créneau.

L’économie des services de SVOD apparaît plus délicate : en plus des coûts techniques et marketing, les coûts d’acquisition des contenus peuvent être vus comme des coûts fixes, le contenu étant acheté à un montant fixe, indépendant de la consommation qui est faite de l’oeuvre. À cela peuvent également s’ajouter les coûts liés au développement ou à l’acquisition d’un outil de recommandation. Les services par abonnement doivent donc faire face à des coûts élevés avant même d’avoir commencé à recruter des abonnés.

Si l’industrie européenne n’arrive pas à créer à son tour des champions européens en mesure de rivaliser face aux géants nord-américains, la rationalisation du marché risque de passer par la disparition de nombreux acteurs européens.

Pour découvrir nos estimations et le marché de la VOD et l'avenir de la télévision à 2025, découvrez notre dernier rapport et participez à DigiWorld Future 2016

DWF15 video report v3A l’occasion de la publication de la 16ème édition du DigiWorld Yearbook (disponible dès maintenant en pré-commande), IDATE DigiWorld organise un grand débat de prospective sur les tendances clés qui structurent l’économie numérique des dix prochaines années. A partir des analyses détaillées de la situation actuelle et des prévisions proposées par les experts de l’IDATE pour les grands secteurs du numérique, le débat portera sur les tendances et les enjeux qui changent la donne à l’horizon 2025.

Inscription

 

 Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

27avr/160

TV connectée : Un accélérateur du développement de la vidéo OTT

BAJON_Jacques

Jacques Bajon
Directeur de la Business Unit Media & Contenus Numériques, IDATE DigiWorld

Le développement de la télévision connectée s’appuie sur la démocratisation des accès haut débit, l’évolution des usages vers plus de personnalisation et la multiplication des équipements connectés présents dans les foyers.

 

Ces éléments révolutionnent progressivement l’accès aux sources de programmes et offrent de nouvelles fonctionnalités aux consommateurs. La connexion des téléviseurs au monde Internet peut être réalisée par différents moyens :
Smart TV ou téléviseur connecté (connexion directe, via Ethernet ou Wifi),
Décodeur TV connecté,
Terminal de streaming (format "boîtier" ou "dongle"),
Console de jeux connectée,
Lecteur Blu-ray connecté.

Ces éléments révolutionnent progressivement l’accès aux sources de programmes et offrent de nouvelles fonctionnalités aux consommateurs. La connexion des téléviseurs au monde Internet peut être réalisée par différents moyens :

En 2015, environ trois-quarts des téléviseurs commercialisés sont des Smart TV, mais ces dernières ne sont pas systématiquement connectées par les consommateurs. Dans le même temps, le marché des terminaux de streaming, dont la finalité principale est la lecture de vidéo en OTT, progresse rapidement. Au sein d’un marché non encore consolidé en termes de solutions et de services, plusieurs tendances se dessinent :
l’accès et l’utilisation des services de télévision connectée ont gagné en simplicité, en évoluant d’un positionnement "Internet-centric" à "video-centric".
La gestion de la connectivité avec les terminaux personnels des consommateurs est devenue un enjeu clé, avec le rôle accru des systèmes d’applications.
Les services OTT ont migré depuis les ordinateurs vers le téléviseur et poursuivent leur progression très rapide.
...

Plus d'informations sur les tendances

Des progrès technologiques permettent par ailleurs de favoriser le développement du marché, que ce soit la généralisation du haut débit, voire du très haut débit, chez les consommateurs, les améliorations importantes en termes d’optimisation et de compression vidéo (HEVC), ou l’apparition de fonctionnalités innovantes comme le "casting", qui permet l’envoi de contenus vidéo depuis un terminal vers le téléviseur.

Les principaux acteurs de l’écosystème de télévision connectée peuvent être répartis en trois grandes catégories, selon leur segment industriel d’origine : les acteurs de l’électronique grand public (EGP), ceux du monde TV et les "leaders" du secteur Internet.
Les acteurs de l’EGP renforcent leurs interfaces logicielles, via des développements spécifiques comme Samsung (Tizen), ou via un rachat dans le cas de LG (WebOS). L’idée est ainsi de capter plus de valeur ajoutée sur le marché, que ce soit dans la vente de terminaux avancés et/ou sur la partie services.
Les acteurs du monde TV développent leur offre de services OTT et renforcent leur positionnement logiciel avec des plateformes plus ouvertes et hybrides. La TV connectée pourrait leur permettre de renouveler leur relation au consommateur et de monétiser les offres plus finement. Des opérateurs de réseaux ou de bouquets TV, notamment aux États-Unis, commencent ainsi à commercialiser des offres complètes de télévision en OTT, avec une composante linéaire.
Enfin, les "leaders" du secteur Internet (Google, Amazon, Facebook, Microsoft) possèdent une connaissance intime du monde logiciel et des nouveaux usages. Ils sont ainsi les mieux placés pour créer la meilleure expérience utilisateur, que ce soit en termes de fluidité d’utilisation ou de recommandation sur les contenus en s’appuyant sur les données utilisateurs. Leur positionnement de plus en plus "verticalisé", du contenu jusqu’au terminal, ouvre par ailleurs la voie à la captation d’une partie croissante du marché du divertissement vidéo.

Ainsi plusieurs scénarios TV connectée se profilent à 2025, visant à déterminer les industries qui, en tendance, accroissent leur contrôle sur cet l'environnement :

Impact_scenarios_TV_connectee_2025_IDATE_DigiWorld_OTT

Selon l’évolution de l’environnement, et par conséquent des industries dominantes, la taille du marché vidéo OTT variera fortement en fonction de ces scénarios, de même que les niveaux d'usages des terminaux.

Pour découvrir nos estimations et les nouveaux scénarios TV à 2025, découvrez notre dernier rapport et participez à DigiWorld Future 2016

DWF15 video report v3A l’occasion de la publication de la 16ème édition du DigiWorld Yearbook (disponible dès maintenant en pré-commande), IDATE DigiWorld organise un grand débat de prospective sur les tendances clés qui structurent l’économie numérique des dix prochaines années. A partir des analyses détaillées de la situation actuelle et des prévisions proposées par les experts de l’IDATE pour les grands secteurs du numérique, le débat portera sur les tendances et les enjeux qui changent la donne à l’horizon 2025.

Inscription

 

 Pour suivre l’actualité de l’économie numérique, n’oubliez pas de vous inscrire à notre newsletter

6juil/150

De DigiWorld Future au DigiWorld Summit

Gassot-Yves

Yves Gassot
Directeur général, IDATE DigiWorld

 

Pour une partie de l’équipe de l’IDATE DigiWorld, le mois de juin a été consacré à la présentation de notre dernière édition de notre rapport annuel, le DigiWorld Yearbook 2015, successivement à Londres, Paris et Bruxelles.

Non sans fierté, car le Président François Barrault, avait su mobiliser pour nous accompagner dans ces évènements  des personnalités de premier plan. Vous reconnaitrez dans les photos ci-dessous les CEOs de BT (Londres),  de Publicis, d’Orange, de Bouygues Telecom, de Blablacar (Paris) et la CEO de Proximus (Bruxelles).  Merci également aux autres speakers, d’Ericsson, de Google,  d’IBM, et de Verizon ainsi qu’à nos très nombreux participants, parmi lesquels une très large représentation des Membres du DigiWorld Institute.

bandeauDWF15-WEB

 Les équipes de l’IDATE avaient bien entendu leur place dans ces évènements qui ont vocation à devenir de véritables conférences sous le label DigiWorld Future. Il s’agissait ainsi pour la première fois d’organiser un large débat autour des grandes tendances et de nos scénarios 2025 pour l’Internet, les télécoms et la télévision.

Pour ce qui concerne les tendances, je me limiterai ici à énoncer sommairement cinq thématiques majeures :

Le grand shake up numérique

Le DigiWorld ne se limite plus aux quelques secteurs suivis traditionnellement par notre institut (IT, Internet, télécom, médias). L’innovation numérique s’est imposée en quelques mois comme un enjeu essentiel pour les dirigeants de tous les secteurs (assurance, santé, automobile, hôtels, etc.) et… cela a naturellement un impact aussi sur les secteurs ITC. Ainsi a-t-on parlé de la « softwarisation » des télécoms pour souligner l’importance des notions de virtualisation des réseaux à travers les concepts de SDN/NFV.

L’accélération des M&A dans les télécoms

C’est sans surprise que le climat de déflation en Europe se traduit par le passage sur les principaux marchés de 4 à 3 opérateurs mobiles. Moins attendue partout et par tous est l’accélération du mouvement de convergence Fixe-Mobile qui parait devoir structurer les marchés continentaux et désormais le Royaume Uni. On notera aussi dans la dernière période les liens plus ou moins directs entre les opérations entreprises dans le secteur de part et d’autre de l’Atlantique. Reste pour nous européens à voir si les opérations in-market, qui aujourd’hui dominent, sont en train de déboucher sur des opérations cross-border, plus complexes et aux synergies moins évidentes, mais qui paraissent inéluctables.

Les Plates-formes

Les GAFA ont globalement accru leur puissance ces derniers mois en combinant les atouts des first movers avec une stratégie de plates-formes aux effets de réseaux dans laquelle la croissance des clients appelle la croissance des annonceurs qui permet l’élargissement des contenus  et des applications, ... Faut-il pour autant imaginer des régulations propres aux plates-formes ou les intégrer dans la régulation sectorielle des télécoms ? Il vaut mieux probablement appliquer quand cela parait légitime les droits existants (de la concurrence, des contrats et du consommateur, de la privacy, de la fiscalité, etc.) afin d’assurer un traitement équitable des différents acteurs de la chaîne.  Il faut aussi compter sur l’innovation et par exemple, l’émergence de nouveaux disrupteurs dans les verticaux (Uber, AirBnB, …) qui ont également des ambitions, sans compter sur les leaders traditionnels des grands secteurs qui comme dans l’automobile n’ont pas l’ambition de se voir transformés –je reprends ici une expression d’un de nos speakers- en « smartphones avec 4 roues ».

Les nouvelles ambitions numériques de la Chine

Il faut compter dans les disruptions possibles avec les nouvelles puissances Internet qui ont grandi en Chine. On a vu ainsi Tencent puis Alibaba se faire coter à Wall Street et se multiplier les prises de participation dans les start up les plus prometteuses des Etats-Unis ou d’Europe. La Chine n’est pas condamnée à demeurer l’atelier de montage des iPhones.

Content is king, still

L’Internet partout et à haut débit et la multiplication des écrans nourrissent deux transformations majeures pour la télévision. Elle permet d’envisager des stratégies de distribution mondiale en by-passant assez largement  les opérateurs traditionnels de réseaux domestiques. Or l’accès aux contenus premium sera de plus en plus fondé sur la taille et les capacités d’amortissement des charges des programmes. Deuxièmement, la consommation est devenue personnelle et associée à un lien direct avec le consommateur, en rupture avec les caractéristiques des mass medias et des modèles offerts traditionnellement aux annonceurs. Dans ce contexte, il faut aider les groupes européens de télévision, encore plus fragmentés que les telcos, à accélérer leur transformation.

Mais, je vous laisse découvrir dans le DigiWorld Yearbook 2015 la présentation plus complète de nos tendances et de nos scénarios ainsi que l’ensemble des données et analyses sur les principaux marchés de l’économie numérique.

Et je vous donne rendez-vous pour notre prochain DigiWorld Summit (17-19 novembre 2015), qui sous le titre « Digital-First » vous réserve de nombreuses surprises.

Pour plus d'informations sur l'expertise et les événements de l'IDATE :

www.idate.org      www.digiworldsummit.com      www.digiworldweek.com

17juin/150

DigiWorld Yearbook 2015, le grand shake up numérique

L’IDATE, premier think tank européen sur l’économie numérique, décrypte les lignes de force de la réorganisation des télécoms, de l’internet et de l’audiovisuel

Le DigiWorld Yearbook s’est imposé depuis quinze ans comme le rapport incontournable de l’IDATE qui, chaque année, présente une analyse des dernières évolutions que connaissent les marchés des télécommunications, de l’internet et des médias, identifie les grandes tendances au niveau mondial et les scénarios pour le futur. Sa vocation s’est élargie en même temps que le numérique devient un enjeu central dans la transformation des différents secteurs : voiture connectée, services financiers et assurances, hôtellerie, commerce de détail, économie collaborative, santé…

François Barrault, Président de l'IDATE, est très heureux de pouvoir célébrer cette 15ème édition qui est aussi, pour lui,  l’occasion de noter que « ces derniers mois, nous avons franchi une étape significative de la grande transformation numérique. On est bien face à l’irruption de nouveaux intermédiaires, souvent extérieurs aux métiers concernés, qui tirent parti de la technologie et des nouvelles pratiques des consommateurs pour révolutionner la chaîne de valeur. Les états-majors de la finance, de l’assurance, de la santé, comme de l’automobile, ont dû tous réviser à la hausse le risque de voir l’innovation numérique déstabiliser leur écosystème ou de les rendre dépendants de plateformes Internet, devenues incontournables.» Un thème qui sera au cœur des débats du prochain DigiWorld Summit (17-19 novembre 2015), puisque le rendez-vous annuel de l'IDATE aura lieu cette année sous le titre "Digital First".

« Pour nous », souligne Yves Gassot, Directeur général de l’IDATE, « qui sommes plongés au quotidien par notre activité dans le “grand bain” du numérique, parcourir les évènements de l’année écoulée confirme l’importance des game changers tels que la mobilité, le cloud, l’Internet des objets, le big data, le social… sans oublier désormais l’impression 3D ou l’intelligence artificielle.»

Bilan de l’économie numérique 2015 : Le retour de la croissance avec un décalage pour l’Europe

Les marchés du DigiWorld, qui totalisent 3 700 milliards d’Euro en 2014, ont confirmé l’accélération de la croissance, après la reprise annoncée en 2013. Tous segments confondus, celle-ci est passée à 4,4 % en 2014, soit une amélioration de 0,5 point en un an. Ils suivent en cela, mais à distance, le mouvement plus général de l’économie : en 2014, le PIB global aurait augmenté en valeur courante de 5,9 %, contre 5,3 % en 2013. Cette reprise gloable, confirmée en 2014, se rafermira en 2015 avec un total des marchés des DigiWorld de 3 900 milliards d’Euro qui dépasseront les 4 400 milliards en 2018.
•    Cette embellie est bien sûr à mettre sur le compte des services internet, qui continuent d’afficher une croissance annuelle supérieure à 20 % et tirent, malgré leur poids encore limité, l’ensemble du marché (en passant de 275 milliards Euro en 2014 à 475 milliards en 2018).
•    Mais elle est due aussi largement à de meilleures performances dans un grand nombre de segments plus traditionnels (équipements et services télécoms et informatiques, électroniques grands publics,…) dont la croissance est passée (hors services internet) de 2,8 % en 2013 à 3,2 % en 2014.
•    Les marchés européens restent toujours à la traîne face à des marchés nord-américains de plus en plus vigoureux et des émergents qui tirent toujours les marchés, notamment en Asie.

Scénarios 2025 : en 10 tendances clés et 3 scénarios pour l’Internet, les télécoms et la télévision

Pour la première fois dans cette édition les équipes de l’IDATE proposent leurs scénarios à l’horizon 2025 pour les marchés et acteurs de trois grands secteurs : l’Internet, les télécommunications et l’audiovisuel :
•    Internet 2025 : Vers le maintien du rôle prépondérant des grandes plateformes ?
•    Telecom 2025 : Quel équilibre pour les grands opérateurs entre commoditisation et positionnement frontal avec les
leaders OTT ?
•    Télévision 2025 : Comment les distributeurs peuvent-ils faire face au risque de désintermédiation ?

À propos du DigiWorld Yearbook

Le best of des analyses des équipes spécialisées de l'IDATE, qui suivent toute l'année le développement des marchés télécoms, internet et médias à travers le monde.
Le DigiWorld Yearbook est publié en français et en anglais et est accessible en version papier et PDF

> L’édition 2014 est disponible en téléchargement gratuit sur www.idate.org

> L’édition 2015 est disponible aux tarifs suivants : Papier : 100 € TTC et PDF : 69€ TTC sur www.idate.org

Plus d'informations sur : www.idate.org/digiworldyearbook/

infog yearbook15

30avr/150

La régulation des plateformes

Yves Gassot

Yves Gassot
CEO, IDATE

 

Années après années, on voit globalement se renforcer la puissance économique et financière des grandes plateformes de l’Internet (GAFA). Dans cette situation, deux questions reviennent avec insistance : quels peuvent être les scénarios d’une contre-tendance ? Faut-il mettre en place une régulation sectorielle appliquée aux plateformes ?

On rappellera schématiquement les caractéristiques particulières que les économistes voient dans l’économie des plateformes (numériques ou non) : une intermédiation entre deux ou plusieurs acteurs d’un marché ("multi-sided market") avec des "effets de réseau" : plus Apple a du succès dans la vente de ses iPhones, plus il renforce son pouvoir d’attraction vis-à-vis des développeurs pour enrichir sa plateforme App Store (et réciproquement). Dans le secteur du numérique, cette caractéristique se combine généralement avec celles d’une économie de coûts (logiciels) fixes dégageant des rendements croissants au fur et à mesure du succès de la plateforme. Les effets de réseau s’accompagnent le plus souvent d’une autre propriété : l’asymétrie tarifaire. Si Apple commence à tirer des revenus substantiels des recettes des applications de l’App Store, son modèle économique et ses profits reposent avant tout sur le prix élevé de ses smartphones. Dans les modèles financés par la publicité, une face du marché fonctionne comme un service "gratuit".

Horizon 2025

Les plateformes numériques sont aussi, comme nous l’avons vu avec Apple, une façon très efficace de faire de l’"open innovation" en captant le potentiel d’innovation des tiers. Toutes ces caractéristiques, qui expliquent pour partie le "winner takes all", doivent se fonder naturellement sur la capacité à conserver et à faire progresser l’efficacité de l’intermédiation, sinon les clients/fournisseurs de la plateforme seront en situation de multi-homing avant de migrer sur une autre plateforme, plus performante.

On trouve dans l’efficacité des plateformes devenues dominantes, la raison de l’ambivalence des raisonnements sur l’intérêt général. D’un côté un OS dominant fait craindre qu’il abuse de sa position, de l’autre il peut être défendu comme une opportunité pour les développeurs et un élément plutôt favorable pour le consommateur.

On doit raisonner en prenant en compte la dynamique générale de l’Internet. Windows a connu les enquêtes de l’antitrust, mais c’est aujourd’hui l’Internet mobile qui relativise sa position dominante.

On pourra se reporter utilement à l’étude récemment publiée par l’IDATE (découvrir les dernières études), "le futur de l’Internet à l’horizon 2025". Y sont détaillés les technologies clés des prochaines années et surtout les différents scénarios autour des variables clés, telles que le degré d’ouverture de l’écosystème Internet ou les dispositions contraignantes prises par la puissance publique au titre de la sécurité ou de la privacy. On ajoutera deux autres actualités pour sortir d’un schéma figé définitivement autour des GAFA. D’abord, l’année 2014 a fait sortir de l’ombre les puissances Internet qui se sont développées à l’écart des GAFA, en Chine (Alibaba, Weibo…) et plus généralement sur les grands marchés asiatiques (Rakuten, Line…).

On ne peut totalement écarter l’idée que ces acteurs puissent entrer progressivement en concurrence frontale avec leurs pairs occidentaux. D’autre part, il faut désormais compter avec l’irruption de nouveaux acteurs sur des verticaux qui, le plus souvent, se sont aussi positionnés comme des plateformes d’intermédiation sectorielles (Uber, AirBnB…) et qui n’ont pas l’intention de se faire racheter par les membres des GAFA.

Néanmoins, face à la perception du renforcement continu des membres des GAFA, de l’inefficacité du droit antitrust ou encore des asymétries réglementaires constatées avec les autres acteurs de la chaîne de valeur, l’idée se développe de concevoir une régulation sectorielle appliquée aux plateformes. Cela n’est peut-être pas une bonne idée. Le droit de la concurrence, même ex post, n’est pas condamné à l’inefficacité.

Droit et Privacy

D’autre part, la définition des frontières d’un tel droit sectoriel risque d’être hasardeuse. Et l’extension d’un droit sectoriel tel que celui des télécommunications, pour mieux respecter des principes homogènes entre telcos et OTT, nous engagerait dans un engrenage où, au fur et à mesure de la numérisation des activités, l’on verrait l’ensemble des secteurs économiques plus ou moins régis par le droit des télécommunications. D’autant que la prochaine révision du droit communautaire des télécommunications devrait plutôt le focaliser sur les conditions d’accès aux réseaux et sur les interconnexions (et donner probablement un rôle croissant au droit symétrique). Les services de la voix et les SMS ne devraient-ils pas sortir du périmètre de la régulation ex ante du secteur des télécommunications plutôt que de vouloir y faire entrer les services concurrents des OTT (Skype, Viber, WhatsApp…) ?

Il reste que, dans des domaines sensibles pour les acteurs du numérique tels que ceux qui régissent le droit des contrats, la fiscalité, la sécurité publique ou la privacy, on peut très bien identifier des droits "horizontaux", à l’instar de ceux qui existent dans les domaines de la consommation et du commerce. Sans produire un droit spécifique pour les plateformes, ce serait une occasion de rapprocher les dispositions juridiques nationales au plan régional (Union européenne) et mondial, et de s’assurer qu’elles s’imposent de façon homogène à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.

A l’occasion de la publication de la nouvelle étude « le futur de l'Internet à 2025 » et de la sortie de l’édition 2015 du DigiWorld Yearbook ,  le DigiWorld Institute vous propose de découvrir le nouveau grand débat de prospective DigiWorld Future

S’inscrire à la conférence du 16 juin à Paris                               découvrir le programme

Plus d’informations sur l’expertises et les événements de l’IDATE sur :

www.idate.org          www.digiworldsummit.com          www.digiworldweek.com          www.gamesummit.pro

4juin/140

Yearbook 2014 : L’économie numérique sous pression

GASSOT Yves

Yves Gassot Directeur Général, IDATE

L’IDATE dessine les lignes de force de la réorganisation des télécoms, de l’internet et de l’audiovisuel.

image-Yearbook2014Le 14e édition du DigiWorld Yearbook vient d'être publiée. Nos experts proposent une lecture fine du monde numérique. Chiffres clés, événements marquant des marchés de télécommunications, de l’internet et des médias numériques, analyses : tout y est.

Nos experts apportent leur éclairage à vos questions :

• Comment évoluent les secteurs clés de l’économie numérique ?
• Les opérateurs télécoms européens sous pression peuvent-il réagir ?
• Quel avenir pour l’industrie des contenus ?
• Quelles sont les lignes de force qui vont marquer le futur internet à l'horizon 2025 ?

« Les tensions n’ont jamais été aussi fortes entre les opérateurs et fournisseurs de solutions techniques et de contenu, même si, au-delà des affrontements, aucune plateforme et aucun acteur ne peut s'affranchir d'une certaine ouverture pour tirer parti des compétences, des standards, des clients des autres acteurs de l'écosystème numérique, comme on peut le voir aujourd'hui dans le domaine de l'innovation mobile », explique François Barrault, Président de l'Institut, dans la préface.

Une occasion pour lui d'introduire le thème du prochain DigiWorld Summit (Montpellier, 18 au 20 novembre 2014), puisque le rendez-vous annuel de l'IDATE aura lieu cette année sous le titre "Mobility reloaded".
Pour Yves Gassot, Directeur général de l’IDATE, « l’année 2013 et les premiers mois de 2014 ont encore apporté une riche moisson d’événements et de nouvelles conjectures sur les orientations des marchés numériques. Nous avons retenu de cette actualité foisonnante, qui s’inscrit dans le triangle analysé dans la précédente édition - Mobilité, Cloud et Big data - les grands enjeux qui cristallisent les débats entre les acteurs de l’écosystème numérique ».

Les trois défis des télécoms

Un premier enjeu majeur a trait à la longue route qui semble encore nous séparer de l’objectif d’un marché unique des télécommunications en Europe. Dans ce secteur, l’Europe fait figure d’exception, avec une baisse continue des revenus de 12 % et des marges depuis cinq ans. Il est donc essentiel de voir si le mouvement de consolidation qui semble s'amorcer permettra de relever les trois grands défis suivants :
• le premier est de sortir de la guerre des prix qui menace la capacité à investir dans les infrastructures de nouvelle génération ;
• le second est de reprendre la route du marché unique des télécoms en Europe, qui passe notamment par des opérations transfrontières et l'émergence d'acteurs véritablement paneuropéens ;
• le troisième est de disposer des marges et de la taille qui permettent de réinventer le modèle économique des telcos dans un contexte qui paraît dominé par la dynamique des acteurs Over-The-Top (OTT).

La nouvelle loi de l’Over-The-Top

Le second enjeu souligne précisément le nouvel ordre Overt-the-top (OTT) qui s’impose à la fourniture d’applications et aux différents acteurs de la chaîne de valeur. Les réflexions sur le futur de l’économie numérique doivent surtout s’appliquer à réinventer des modèles économiques compatibles avec une chaîne de valeur qui renvoie, dans un monde tout IP, l’essentiel des applications et des services à l’extérieur des réseaux. C’est la loi de l’Over-The-Top. Si cette loi de l’OTT s’applique à tous comme une nouvelle donne inévitable, elle n’implique pas une intégration verticale systématique ou une confusion des métiers (ce que laissent parfois entendre les réflexions sur la convergence). Elle ne préjuge pas non plus des rapports de force qui s’appliqueront au partage de la valeur. Même si des positions de force indiscutables existent au niveau des grandes plateformes des géants de l’internet, l’avenir nous apparaît comme relativement ouvert. Les géants du Net ne sont d’ailleurs pas à l’abri d’un jeu complexe d’incertitudes :

- Il y a celles qui sont relatives aux ambitions à l’international des leaders chinois - Alibaba, Sina, Baidu, Tencent - ou du japonais Rakuten.
- D’autres découlent de la dissémination du numérique dans l’ensemble des secteurs. Elle génère des opportunités mais aussi des champions sectoriels - Uber, AirBnB - avec qui il faut coexister quand ils ne sont pas prêts à se vendre.
- Il y a enfin celles qui sont relatives, plus généralement, aux scénarios du futur de l’Internet esquissés par l’IDATE autour d’un débat sur l’openess, la privacy, la sécurité et la fiscalité : une réglementation accrue pourrait limiter les volumes de données collectées et leur exploitation tandis que le développement systématique de technologies ouvertes ou standardisées pourrait générer une dynamique de marché et d’échange moins dépendante de l’intermédiation des plateformes dominantes.

La télévision « full OTT » ?

La TV linéaire, dont la fin est régulièrement annoncée, est encore là pour longtemps, avec sa part de plus de 90 % des revenus d’ensemble de la TV. Mais des mutations profondes, mettant sous forte pression les acteurs en place, sont en train de remodeler le paysage audiovisuel mondial sans toutefois remettre en cause la puissance nord-américaine, qui dispose historiquement des plus puissants groupes médias et désormais des plus grandes plateformes de distribution avec Apple, Amazon et Netflix :
- le développement rapide des services à la demande, et notamment la SVOD ;
- la distinction technique entre distribution sur réseaux managés et distribution OTT va progressivement disparaître, laissant la place à une concurrence aiguë pour le contrôle de la distribution commerciale ;
- la remise en question du modèle de l’IPTV, et l’apparition de solutions Broadcast + OTT sous l’effet du cord-cutting.

Vous souhaitez vous procurer le DigiWorld Yearbook 2014 ? Rendez-vous dans notre boutique.

Pour lire le second article dédié au DigiWorld Yearbook 2014.

Les partenaires du Yearbook 2014 :

partenaires-yearbook

20mai/140

Le DigiWorld Yearbook 2014 dresse le bilan de l’économie numérique

POUILLOT-Didier

Didier Pouillot
Head of the Telecom Strategy Business Unit

En 2013, les marchés du DigiWorld ont enregistré un léger rebond de croissance, avec une progression de 
3,2 %. Résumé tirés du tout nouveau livre DigiWorld Yearbook 2014.

« Cette modeste amélioration traduit, d’un côté, l’effervescence continue dans ces secteurs clés, de l’autre, le maintien d’un contexte économique tendu, plus particulièrement en Europe », résume Didier Pouillot, Responsable du DigiWorld Yearbook à l’IDATE.

Le premier phénomène entraîne le marché vers toujours plus de consommation, toujours plus de trafic ; les parcs se renouvellent (smartphones, tablettes, téléviseurs connectés) et les industriels s’efforcent de répondre à cet afflux de demandes.

Le second phénomène tempère le mouvement, en le ramenant aux contraintes du moment : les entreprises, mais aussi le grand public, restent prudents dans leurs dépenses. Les offreurs eux-mêmes surveillent leurs investissements, d’autant que, dans nombre de cas, le marché et le jeu de la concurrence restreignent leurs revenus et, plus significativement encore, leurs marges.

C’est cet équilibre entre deux tensions, inflationniste en volume, conservatrice en valeur, qui pose les défis pour l’industrie des TIC aujourd’hui. Aujourd’hui, la dynamique des marchés est clairement du côté des services internet, qui enregistrent des croissances de l’ordre de 20 % par an. À ce rythme (nous prévoyons un léger ralentissement à… 16 % pour les prochaines années), leur poids par rapport aux marchés cœurs du DigiWorld passerait de 5 % en 2012 à 10 % en 2017. Mais au-delà des transferts de valeur entre les deux blocs, les marchés se déforment aussi à l’intérieur de chacun d’eux, aussi bien sur un plan sectoriel que géographique.

•    Équipements : la croissance mondiale en 2013 varie selon les segments, entre +6,2 % pour les matériels de télécommunications et -5 % pour l’EGP. Entre les deux, le marché des équipements informatiques progresse de 
4,2 %.

•    Services télécoms et audiovisuel : les services télécoms restent en retrait, avec une croissance au ralenti depuis cinq ans et un niveau de +2,5 % en 2013. Les deux autres segments de services ont des performances très proches : +4,5 % pour l’informatique et les logiciels, +4,4 % pour les services audiovisuels.

•    Services internet : si l’on est de manière générale sur des niveaux de croissance à deux chiffres, on peut aussi distinguer plusieurs tendances. Les réseaux sociaux, les applications mobiles et la vidéo OTT sont aujourd’hui les activités les plus dynamiques (plus de 30 % de croissance chacun en 2013, plus de 40 % voire 50 % pour les réseaux sociaux en moyenne au cours des trois dernières années). Ensemble, ils représentent environ 20 % des marchés OTT. L’autre moteur de la croissance est le cloud, dont les revenus progressent encore de près de 30 % par an et représentent à eux seuls plus du quart des revenus OTT ; derrière, le search et l’e-commerce affichent des dynamiques proches de 20 %.